L'Isle-Verte: Maltais songe à revoir toutes les règles de sécurité

Québec n'écarte pas la possibilité d'obliger tous les propriétaires de résidences pour personnes âgées à installer des gicleurs afin d'éviter la répétition de la tragédie survenue à L'Isle-Verte.
Jeudi, au cours d'un point de presse, la ministre Agnès Maltais, responsable de la Régie du bâtiment, a indiqué que cette option fait déjà partie des discussions à un comité sous l'égide du ministère de la Sécurité publique. Elle n'a toutefois pas voulu s'engager, à ce moment-ci, à ce que cette mesure soit mise en application.
«La discussion sur les gicleurs est en cours. Maintenant, on n'est pas sûr encore que c'est ça. Si jamais c'est ça le résultat, vous pouvez être sûr que des mesures seront prises. Le poids des personnes disparues, des familles, va peser lourd», a-t-elle affirmé.
Selon la ministre, il faut attendre les conclusions de l'enquête en cours et celle du coroner avant d'imposer une nouvelle règle sur les gicleurs. «Cette tragédie nous oblige à réexaminer tout ce qui se fait en matière de sécurité. Il faut attendre les résultats de l'enquête pour poser les gestes finaux», a-t-elle dit.
La ministre a rappelé que la réglementation sur les résidences privées pour personnes âgées avait été resserrée au cours de la dernière année, dans la continuité des travaux du précédent gouvernement. Toutefois, cette nouvelle mouture des règlements n'oblige pas les propriétaires de résidences pour aînés autonomes et semi-autonomes à munir leurs immeubles de gicleurs automatiques en cas d'incendie.
Mme Maltais a présenté ses condoléances en son nom, en celui du ministre Réjean Hébert, responsable des Aînés, et en celui du gouvernement aux familles et aux proches des victimes de l'incendie.
Pour sa part, le président du Regroupement québécois des résidences pour aînés, Yves Desjardins, presse le gouvernement de modifier la réglementation afin que les résidences pour personnes âgées soient obligées à avoir des gicleurs.
«Ça devrait être une exigence. On ne le dit pas depuis ce matin [jeudi]. On a écrit là-dessus au ministre Dutil [ex-ministre de la Sécurité publique] dans le temps. Je travaille là-dessus avec le ministère de la Sécurité publique et d'autres organismes. On sait que c'est long», a-t-il affirmé.
À son avis, l'obligation d'avoir des gicleurs dans les résidences moins récentes devra être accompagnée d'une aide financière. «Si les petites résidences n'ont pas une aide, elles vont fermer. Souvent, ce sont des travaux qui coûtent entre 200 000 $ et 250 000 $», a-t-il indiqué. Selon la fiche descriptive de la Résidence du Havre, l'immeuble qui était tout de bois était muni partiellement de gicleurs, probablement dans la partie la plus récente.
M. Desjardins reconnaît que la présence de gicleurs ne pourrait toutefois pas empêcher un incendie. «À la Villa Ste-Rose [Laval] l'hiver passé, il y avait des gicleurs, mais ç'a quand même été rasé. Ce n'est pas à toute épreuve, mais ça aide à minimiser les risques de propagation. Ça donne du temps aux gens de sortir. C'est prouvé mondialement. Quand il y a des gicleurs, on arrive à contenir l'incendie et à éviter la propagation», a-t-il expliqué.