Bien que les pompiers spécialisés en prévention incendie considèrent les résidences pour personnes âgées comme étant à haut risque, ils ne peuvent pas y ordonner l'installation de mesures facultatives.

L'Isle-Verte: les limites de la prévention

Les pompiers spécialisés en prévention incendie font régulièrement la tournée des résidences pour personnes âgées, des lieux jugés à haut risque. Ils prodiguent leurs conseils et aident à la prévention d'un drame, mais ils ne peuvent pas ordonner pour autant des mesures facultatives comme l'installation de gicleurs.
«Les résidences de personnes âgées, chez nous, ça compte pour un risque très élevé», affirme sans détour la porte-parole du Service de protection contre l'incendie de la Ville de Québec, Nancy Roussel.
Les préventionnistes sont donc des visiteurs fréquents de ces établissements. «Dans son arrondissement, le préventionniste, il part, il fait sa tournée de résidences pour personnes âgées. Et quand il a terminé, il recommence», explique Nancy Roussel. Ce cycle d'inspection dure généralement d'une à deux années.
De plus, les maisons de retraite ont l'obligation tous les trois ans de renouveler une certification. Et le volet prévention des incendies n'y échappe pas. Les pompiers vérifient alors les plans d'évacuation, les détecteurs de fumée, la présence d'issues, de portes coupe-feu bien fermées, etc.
Les pompiers vérifient également l'efficacité des gicleurs déjà en place. «On a le droit de demander une attestation d'un spécialiste en la matière», détaille Nancy Roussel, qui compte à son actif plusieurs années en prévention incendie. «Est-ce qu'il a été vérifié annuellement? Est-ce que tous les tests ont été effectués?»
Sauf qu'ils ne peuvent condamner l'absence de gicleurs. Plusieurs résidences pour personnes âgées plus anciennes sont dépourvues en totalité ou en partie de gicleurs. «On ne peut pas, comme inspecteur, dire: vous n'avez pas de gicleurs, vous devriez en avoir, et mettre ça dans une lettre», explique Nancy Roussel pour le cas d'une résidence respectant les normes. Le ministère de la Santé et des Services sociaux est toutefois avisé de toute absence de gicleurs.
Bloqueurs de porte
Au-delà de la question des gicleurs, les préventionnistes ne manquent pas de points sur lesquels ils interviennent afin de changer les comportements.
Et un des fléaux dans les résidences pour personnes âgées de Québec serait l'utilisation de bloqueurs de porte. Pour faciliter leurs déplacements entre différents étages, certains résidents ont ainsi pris la fâcheuse habitude d'utiliser des coins de porte pour maintenir des portes constamment ouvertes.
Ce faisant, une cage d'escalier perd son essentiel rôle de coupe-feu. «Les fameux coins de porte... On peut comprendre qu'il y a une difficulté à ouvrir des portes. Mais il ne faut pas oublier qu'une cage d'escalier, c'est cloisonné. Ça a une résistance au feu. C'est là pour ça», rappelle Nancy Roussel.
L'utilisation de rallonges électriques, de systèmes de chauffage d'appoint ou encore de chandelles pose également problème dans les résidences pour aînés, selon la porte-parole.
Et l'élément le plus anodin semble aussi un de ceux qui font défaut. La détection, ou la capacité à réagir immédiatement au son d'une alarme. «Quand ça sonne, je réagis, je sors. Même quand tu as une difficulté à marcher, c'est mieux d'évacuer par la cage d'escalier tranquillement que d'attendre les pompiers sur les balcons. Et il ne faut jamais prendre pour acquis que c'est une fausse alarme.»