L'Isle-Verte: des pompiers infatigables

La quinzaine de pompiers de L'Isle-Verte qui travaillent dans les décombres de la Résidence du Havre depuis les premières flammes du funeste incendie de jeudi restent infatigables en dépit des conditions de travail exécrables auxquelles ils font face.
Le chef des pompiers de L'Isle-Verte, Yvan Charron, raconte que les débuts, avant l'arrivée des renforts des autres municipalités, ont été très pénibles. «Pour les gars, regarde, ç'a été un travail ardu, étant donné le froid, ça gèle, c'est dur. [...] Au début, les gars, ça donne un coup, ça presse, ils viennent brûlés. On a été obligés de monter le ton et dire: "Bon! Vous allez vous coucher!"»
Si les pompiers refusent d'abdiquer devant l'ampleur et l'importance de la tâche, c'est que «les gars aiment ça!» poursuit le chef avec aplomb devant les nombreux journalistes. «On fait ça parce qu'on aime ça. Pas à cause que c'est payant; on est pompiers volontaires!»
Mais même en prenant un peu de repos, le travail reste en tête, assure M. Charron. «Tu vas aller te coucher, tu ne dors pas. Tu ne dors pas tout de suite parce que tu penses: "Qu'est-ce qu'il va arriver? On va faire quoi demain?" T'analyses tout dans ta tête.»
En raison du froid, les équipes d'enquêteurs et de pompiers fouillent les décombres en rotation. Le froid a aussi laissé une impressionnante couche de glace sur les décombres qui fait 30 centimètres par endroits, ce qui ajoute à la difficulté. Ils utilisent divers équipements qui produisent de la vapeur pour faire fondre la glace de façon à ne pas abîmer davantage les corps qui s'y trouvent.
Évidemment, plusieurs membres de l'équipe de pompiers de la municipalité de 1500 habitants connaissaient des gens qui ont péri dans les décombres qu'ils doivent eux-mêmes fouiller, ce qui rend le travail encore plus éprouvant. «On jase avec eux autres [les pompiers], on se fait réconforter comme on essaie de les réconforter. Regarde, faut faire avec!»
M. Charron assure que «jamais personne» ne peut être préparé à affronter un incendie d'une telle ampleur. «On fait des exercices, on fait des pratiques, mais jamais gros comme ça. Tu vois ça en dehors, tu dis: "Bon, je ne voudrais pas que ça vienne par ici, j'aimerais être là, mais je ne voudrais pas que ça vienne par chez nous." Ben, c'est rendu par chez nous.»