Les recherches de lundi, malgré des conditions climatiques difficiles, ont permis de retrouver 4 nouveaux corps, portant le nombre à 14, sur les 32 personnes qui ont péri dans l'incendie de la Résidence du Havre de L'Isle-Verte. Les fouilles s'effectuent derrière des toiles, à l'abri des regards.

L'Isle-Verte : 14 décès confirmés, 18 personnes toujours disparues

La Sûreté du Québec a fait état, lundi, de 14 décès confirmés dans l'incendie de la Résidence du Havre, survenu dans la nuit de mercredi à jeudi à L'Isle-Verte, au Bas-Saint-Laurent. Malgré des conditions climatiques difficiles, les secouristes n'ont pas interrompu leurs recherches. Il reste 18 corps à retrouver dans les décombres qui sont recouverts de près d'un mètre de glace à certains endroits.
Le ministre de la Santé et des Services sociaux est débarqué sur les lieux lundi. Selon Réjean Hébert, il est trop tôt pour affirmer que son gouvernement ordonnera une enquête publique sur le tragique événement. «Il faut attendre les résultats de l'enquête policière», a affirmé le ministre Hébert, en laissant tout de même entendre que l'hypothèse sera examinée. Le parlementaire a aussi soulevé l'idée que les résidences pour aînés qui procéderaient à l'installation de gicleurs puissent faire l'objet d'un rehaussement de l'évaluation foncière.
Environ 40 % de la superficie du sinistre a été nettoyée. À ceux qui se plaignent de la lenteur des fouilles, le porte-parole de la Sûreté du Québec indique qu'il s'agit d'un travail très minutieux. «On sait que c'est long, mais si vous aviez vu la scène, vous comprendriez», a fait savoir le lieutenant Michel Brunet. La responsable des communications du Bureau du coroner a refusé de dire dans quel état les corps ont été retrouvés. «Les gens ont péri dans un incendie, a rappelé Geneviève Guilbault. Évidemment, ça laisse des traces.»
Du côté des blessés, le porte-parole de l'Agence de la santé et des services sociaux du Bas-Saint-Laurent, Pierre-Paul Malenfant, refuse de fournir toute information sur leur état de santé.
Jusqu'à maintenant, une centaine de témoins ont été rencontrés aux fins de l'enquête. Sur la quinzaine de familles qui avaient été évacuées autour du lieu du sinistre, une seule n'a pas encore regagné son domicile. Le policier a aussi mentionné que la mascotte de la Sûreté du Québec, Polix, avait visité les élèves de l'école Moisson-d'Art de L'Isle-Verte, où les cours ont repris lundi après-midi.
M. Malenfant a indiqué qu'une trentaine d'intervenants psychosociaux provenant de différents établissements du Bas-Saint-Laurent visitent les personnes touchées par le drame. Tant M. Malenfant que la mairesse de L'Isle-Verte, Ursule Thériault, exhortent les médias à respecter la tranquillité des habitants de L'Isle-Verte. «Ces gens-là ont vécu un drame épouvantable, a rappelé M. Malenfant. Pour passer à travers, ils ont besoin d'intimité. Quand on est en situation traumatique ou post-traumatique et qu'on pose des questions, on revoit la scène. Ça peut retarder le processus de guérison.»
La mairesse, qui a exprimé un certain malaise devant la forte présence médiatique lors d'une entrevue - «L'Isle-Verte se porterait mieux sans les journalistes» -, s'est ravisée en spécifiant qu'elle ne demandait pas aux journalistes de quitter sa municipalité. «On fait appel à votre sens du devoir et à votre professionnalisme journalistique», a-t-elle nuancé.
Mardi, Mme Thériault rencontrera des experts afin d'établir une évaluation des coûts reliés aux opérations.