Lise Thibault nie devoir les 91 345 $ réclamés par le gouvernement provincial et ajoute que «c'est à bon droit que les dépenses ont été faites lors de l'exercice de [sa] charge de lieutenant-gouverneur».

Lise Thibault nie de nouveau avoir fraudé le gouvernement du Québec

L'ex-lieutenante-gouverneure Lise Thibault considère n'avoir transgressé aucune règle dans ses dépenses et ne voit donc aucune obligation de rembourser les quelque 90 000 $ réclamés par le gouvernement du Québec.
Dans sa défense déposée le 14 janvier au dossier de la poursuite civile intentée contre elle et son directeur de la sécurité Guy Hamelin, Lise Thibault nie toutes les allégations de dépenses illégitimes.
En mai 2010, le gouvernement du Québec a intenté une poursuite civile afin que celle qui fut lieutenante-gouverneure de 1997 à 2007 remette une somme de 91 345 $ qui, selon les procureurs de l'État, a été dépensée sans justification aucune.
Parmi les dépenses ciblées, de la location d'équipements à la résidence personnelle de Lise Thibault,
des frais de repas au restaurant alors que la lieutenante-gouverneure n'avait aucune activité officielle à l'agenda, les services d'un instructeur de ski ainsi que des parcours de golf de Guy Hamelin, le directeur de la sécurité.
Le gouvernement reproche aussi à l'ex-représentante de la reine d'avoir payé un employé de sa Fondation Lise Thibault à même le budget du cabinet du lieutenant-gouverneur. La Fondation Lise Thibault travaillait à doter les stations de ski du Québec d'appareils pour le ski assis.
En réplique, Lise Thibault nie devoir quelque montant que ce soit et ajoute que «c'est à bon droit que les dépenses ont été faites lors de l'exercice de [sa] charge de lieutenant-gouverneur».
Elle rappelle d'entrée de jeu que durant les 10 années de son mandat, elle a soutenu de nombreux organismes de bienfaisance, se «dévouant sans compter».
Comme le stipule la loi, le lieutenant-gouverneur est seul responsable de l'administration de son cabinet et de l'autorisation de ses propres allocations de dépenses.
Lise Thibault soutient donc qu'elle n'avait pas à justifier ses dépenses ni à rendre des comptes.
L'implication sociale de la lieutenante-gouverneure justifiait cette dernière «d'avoir recours aux services de [son] cabinet pour l'administration de [ses] activités caritatives», allègue Mme Thibault.
Aucune règle transgressée
L'ex-lieutenante-gouverneure ne voit nulle part dans la requête du gouvernement qu'elle aurait transgressé une directive ou un règlement ou y aurait manqué. «En l'absence d'une telle allégation de transgression ou manquement à une norme objective», Lise Thibault affirme «n'avoir commis aucune faute».
L'ex-lieutenante-gouverneure juge par ailleurs que le rapport du Vérificateur général du Québec de juin 2007 constitue du «ouï-dire» et «est inadmissible en droit».
Après s'être rendue jusqu'en Cour suprême pour tenter de s'y soustraire, en plaidant l'immunité royale, Lise Thibault subira son procès criminel pour fraude devant un juge à partir du 7 avril et pour une durée de six semaines.