La candidate du Parti québécois dans Bellechasse, Linda Goupil.

Linda Goupil ne veut pas de référendum

Personne ne souhaite de référendum sur la souveraineté au Québec, et il «faut vivre sur une autre planète» pour penser le contraire, estime l'ancienne ministre et candidate du Parti québécois dans Bellechasse, Linda Goupil.
«Qui veut des référendums au Québec? Qui en veut? J'entends pas personne qui demande ça!» lance au Soleil la candidate du Parti québécois (PQ). Les seules formations politiques qui abordent le thème d'un référendum sont le Parti libéral et la Coalition avenir Québec, selon la souverainiste de longue date. «Les seules personnes qui en parlent, c'est M. Couillard, en faisant peur aux gens. Même mon ami François Legault parle de ça également.»
Plus tôt en journée, Linda Goupil avait affirmé au FM93 qu'elle n'aurait jamais effectué de retour en politique si le PQ promettait de tenir un référendum sur la souveraineté dans un premier mandat.
Et la candidate persiste et signe. «Si on m'avait annoncé qu'il y aurait une consultation par référendum dans le cadre de campagne électorale, je n'aurais pas été candidate», a-t-elle réitéré au Soleil.
Linda Goupil ne voit pas l'utilité de lancer le Québec sur une voie référendaire, estimant «qu'il y a beaucoup de travail à faire sur le plan économique, social et politique, avant de s'embarquer dans quelque chose que les gens ne veulent pas».
«Il faut vivre sur une autre planète pour penser que les gens, c'est ce qu'ils demandent. Moi, j'ai pas entendu ça à nulle part», ajoute-t-elle. «Les gens de Bellechasse, ça ne fait pas partie du tout, du tout, du tout, de leurs sujets de préoccupation.»
La promesse de la création d'un livre blanc sur la question nationale aura donc convaincu l'ancienne ministre de la Justice de se porter de nouveau candidate pour la formation souverainiste. «Ce qui est dans le programme du Parti québécois, c'est un livre blanc. C'est uniquement ça. Rien d'autre. Et c'est là-dessus que je m'engage», résume Linda Goupil.
Marois d'accord
La chef du PQ, Pauline Marois, s'est montrée d'accord avec les propos de sa candidate dans Bellechasse. «Elle est comme d'autres Québécois, qui ne souhaitent pas qu'il y ait un référendum maintenant. Comme ce n'est pas l'objet de l'élection, ça va bien, on s'entend», a-t-elle exprimé. «Elle a donné son point de vue. Elle dit qu'elle n'est pas prête maintenant. Il y a beaucoup de Québécois qui ne le sont pas. Ce n'est pas une élection qui porte là-dessus, ça tombe bien», a ajouté Pauline Marois.
Le chef libéral Philippe Couillard a vu dans les propos de Mme Goupil la démonstration que Pauline Marois entretient délibérément le noir autour de son projet référendaire. «On est dans une confusion organisée pour essayer de cacher le scénario référendaire.»
Il a aligné et interprété les déclarations qu'ont exprimées, ces derniers jours, des candidats du PQ. «Au débat, Mme Marois qui n'est pas capable de dire qu'il n'y aura pas de référendum. M. [Jean-François] Lisée, encore lui, qui vient dire, vendredu, qu'il en faut un, mais peut-être pas la première année.»
M. Couillard n'a pas manqué de critiquer au passage le candidat vedette du Parti québécois, le magnat des médias Pierre Karl Péladeau. «Mme Goupil dit qu'elle ne serait pas venue en politique si elle avait su qu'il y aurait un référendum. M. Péladeau, lui, dit qu'il ne serait pas venu en politique s'il n'y a pas de référendum.»
Pour le chef de la Coalition avenir Québec, la sortie de Linda Goupil démontre que la souverainiste n'a pas choisi le bon camp. Celle qu'il considère comme «une amie» s'est «trompée de parti», a illustré François Legault. «Je sais que c'est une personne franche. Elle dit ce que les Québécois doivent dire dans son comté», a-t-il dit d'entrée de jeu. «Sauf que Linda s'est trompée de parti. Elle est avec un parti qui veut un pays dont la moitié au moins des députés et candidats sont là juste pour un référendum.»
M. Legault estime qu'elle «aurait dû faire ses devoirs avant d'accepter d'être candidate du PQ».
Avec Simon Boivin, Michel Corbeil et Valérie Gaudreau