Mélise et Gabrielle Brisebois et Catherine Blaquière sont à l'origine de ce mouvement dans la Vieille Capitale.

Libérez les livres!

S'asseoir sur un banc, dans le bus ou dans un café, et tomber sur un «livre libéré» qui ne demande qu'à être adopté le temps d'une lecture, puis le relâcher ou libérer un autre livre qui nous appartient. Dans certaines grandes villes européennes - Londres, Paris, Lyon -, ce concept est devenu un réflexe pour les citoyens. Pourquoi pas ici, à Québec?
Cette libération des livres a été entreprise par trois jeunes femmes dans la vingtaine, Mélise et Gabrielle Brisebois et Catherine Blaquière, toutes de grandes lectrices. Il s'agit de favoriser la libre circulation des livres dans la ville, de faire perdre au livre sa valeur matérielle pour qu'il retrouve sa valeur intellectuelle.
Première étape : récolter des ouvrages en tout genre, du classique au roman de gare, du conte pour enfant au livre de cuisine. Cette collecte a lieu en ce moment.
Le lancement du mouvement aura lieu le 17 novembre, à 20h, au Musée de la civilisation. Le but est de faire connaître l'initiative et de libérer un minimum de 500 livres ce soir-là. «Il faut faire connaître le projet. C'est en diffusant le concept qu'il va pouvoir vivre, expliquent les trois amies. Il faut que tout le monde soit au courant. Si un chauffeur du RTC trouve un livre dans le bus, il faut qu'il sache que c'est un livre libéré et qu'il ne doit pas le mettre dans la boîte des objets perdus. Soit il le laisse là, soit il le prend pour le lire.» Les livres libérés seront identifiés par un autocollant sur la première page.
L'hiver arrivant, et l'initiative étant encore peu connue, les trois lectrices ont opté pour des points de partage. Ce sont des lieux publics qui acceptent de consacrer un petit espace pour quelques livres et une affiche expliquant le concept. Pour l'instant, il y a peu de lieux de partage. Le Musée de la civilisation devrait en faire partie, tout comme les Brûleries et la bibliothèque du Parlement, «c'est encore en discussion». Mélise, Gabrielle et Catherine visent aussi les traversiers, les terminus d'autobus, la gare. «On voudrait que ce soit tous types de lieux, culturels ou non, pour toucher un maximum de lecteurs.» Et qui sait, un non-lecteur pourrait succomber au plaisir de lire en rencontrant un livre inattendu. «Ça se peut, aimer la lecture par hasard.» Propriétaires de café, de restaurant, si l'idée vous séduit et que vous souhaitez que votre commerce devienne un lieu de partage de livres, manifestez-vous.
Gagner en visibilité
Les «libératrices de livres» ont décidé de consacrer un an à ce mouvement... en plus de leurs études et de leurs emplois. Elles organisent et financent tout en plus de travailler d'arrache-pied pour gagner en visibilité. «Si ça fonctionne bien, le mouvement va survivre de lui-même, il n'y aura plus besoin d'affiche ou d'autocollant et les points de partage seront dissous à travers la ville, ça va se faire tout seul, avec une simple note sur la première page du livre», expliquent-elles. Mais le mouvement peut s'éteindre. «Ce serait dommage, mais au moins, il y aura eu quelques livres qui auront rencontré quelques nouveaux lecteurs. Mais si ça marche à Paris, pourquoi pas ici?»
Pour des renseignements, des questions, des commentaires : livreslibresquebec@gmail.com
Facebook : Libérez les livres
Pour la collecte : apportez vos livres au Musée de la civilisation entre le 13 et le 20 novembre. Vous pouvez aussi organiser une collecte à votre lieu de travail.