Derrière les barreaux, l'ex-chef des Mercenaires, Michel «Doune» Guérin (en 2005 sur la photo), a continué de fréquenter des gens qui entretiennent des liens avec le crime organisé, dont les Hells Angels.

Libéré malgré des risques de récidive «élevés»

Même si elle est convaincue que l'ex-chef des Mercenaires, Michel «Doune» Guérin, va retomber dans le commerce de la drogue, la Commission des libérations conditionnelles du Canada a remis l'homme de 47 ans en liberté la semaine dernière, tout en lui imposant plusieurs conditions.
Dans sa décision dont Le Soleil a obtenu copie, le commissaire Michel Lalonde avance que les risques de récidive sont «élevés» de voir Guérin retomber dans le trafic de stupéfiants. Derrière les barreaux, il a continué de fréquenter des gens qui entretiennent des liens avec le crime organisé, dont les Hells Angels.
Entre 2004 et 2006, Guérin a dirigé un vaste réseau de vente de cocaïne très lucratif dans la grande région de Québec, avant d'être arrêté. Il a aussi purgé une longue peine aux États-Unis pour des accusations similaires, entre 1997 et 2003.
Le commissaire croit aussi que celui qui est copropriétaire du Univers Gym Fitness de Charlesbourg pourrait faire usage de violence, alors qu'il est de retour en liberté.
«Votre potentiel de violence est très crédible», écrit M. Lalonde, dans sa décision. «La Commission vous rappelle que vous avez dans votre vie criminelle été membre d'un groupe de motards criminalisés associé aux Hells Angels de Québec. Au surplus, le fait que vous ayez des antécédents en matière de possession d'armes vient renforcer la thèse de votre potentiel de violence et les craintes pour la société.»
Aux deux tiers de la peine
En entrevue avec Le Soleil, une porte-parole de la Commission, Suzanne Arbour, explique que Guérin est rendu à une étape de sa peine où la Commission doit le remettre en liberté, à moins qu'elle ait la firme conviction que le délinquant va commettre un crime violent grave immédiatement en sortant du pénitencier. C'est ce qu'on appelle la libération d'office, qui est généralement atteinte quand le détenu a purgé les deux tiers de sa peine.
Dans le cas de Guérin, cette étape a été reportée, car il a profité d'une libération totale en août 2011, mais pour reprendre la direction des cellules quelques mois plus tard, car il ne respectait pas certaines conditions de sa libération conditionnelle. Il a aussi été condamné pour une affaire de recel en mai 2013.
Jusqu'à l'expiration de sa peine, le 8 juin 2015, Michel Guérin est assigné à résidence à sa maison de transition de Montréal. Il pourra la quitter le jour, pour aller travailler par exemple, mais devra y retourner pour la nuit.
Il devra aussi éviter de fréquenter les débits de boisson et d'avoir des contacts avec toute personne ayant des antécédents judiciaires ou qui est impliquée dans des activités criminelles.
Même si Guérin en a fait la demande express, le commissaire lui a interdit de travailler à son centre d'entraînement, un endroit où il pourrait croiser des criminels. Michel «Doune» Guérin devra aussi faire preuve de transparence sur ses revenus et ses dépenses, si son agent correctionnel le lui demande.