Le prolifique auteur embrasse aussi le web avec son blog des Petits Riens et d'autres projets, comme celui de Bludzee (ci-haut), ce sympathique jeune matou noir à l'humour particulier qui ne déteste pas clavarder sur internet quand son maître n'est pas là.

Lewis Trondheim prolifique... sur le Web et sur papier

À regarder l'imposante feuille de route du bédéiste Lewis Trondheim, on se demande où il trouve le temps pour mener à bien tous ses projets, lui qui en 26 ans de carrière a produit une quantité industrielle de matériel, comme scénariste, dessinateur, sur le Web et sur papier.
<p>Le bédéiste Lewis Trondheim est de passage à Québec.</p>
«Moi, l'un de mes avantages est que je travaille vite, alors si je fais quelque chose qui vend peu, ce n'est pas grave», explique Trondheim en précisant qu'il lui faut seulement trois heures pour compléter une page d'une série comme Lapinot, Donjon ou Ralph Azham. «Pour les Petits Riens, c'est une demi-heure», ajoute-t-il.
«Tout le monde ne peut pas et ne veut pas nécessairement faire ça», précise Trondheim. «Je suis très pragmatique et j'ai su tirer parti de mes défauts.» Il ajoute qu'il possède aussi la capacité de coordonner en même temps ses nombreux projets. «J'ai un cerveau adapté à ça. Je suis incapable de calculer mes impôts, mais gérer plusieurs projets en B.D., ça va.»
Se fiant beaucoup à son instinct, le bédéiste ajoute qu'il ne prend pas trois mois à bâtir ses scénarios, se disant même... paresseux, ce qui a de quoi surprendre quand on sait qu'il compte près de 170 albums dans sa feuille de route. «Il y a bien des moments où je ne fais pas grand-chose, je travaille sur de gros élans créatifs», précisera-t-il par la suite.
Sur Web et sur Papier
Le prolifique auteur embrasse aussi le Web avec son blogue des Petits Riens et d'autres projets, comme celui de Bludzee, ce sympathique jeune matou noir à l'humour particulier qui ne déteste pas clavarder sur Internet quand son maître n'est pas là. 
«C'était un strip quotidien en ligne, j'en ai donc publié 365 en un an. Ce que j'aime d'Internet, c'est l'immédiateté avec le lecteur. Je fais une page, je la photographie, je la publie sur le blogue et sur Twitter. Même en vacances, plusieurs sont heureux de pouvoir ainsi lire par-dessus mon épaule», illustre-t-il.
Malgré tout, c'est sur papier... ou plutôt sur Papier, le nom de la revue qu'il a créée avec Yannick Lejeune et dont le premier volume est paru en septembre 2013, que se présente l'une de ses dernières entreprises. 
«L'idée a jailli d'un séminaire aux éditions Delcourt. On entend beaucoup parler de "cross medium" avec le numérique et j'avais envie de faire l'inverse : une revue qui s'appellerait Papier», résume-t-il.
Jeunes et pros
«Le quatrième numéro paraîtra en septembre, c'est environ un quart d'auteurs professionnels et trois quarts de jeunes auteurs, beaucoup d'auteurs de pays étrangers. Des Argentins, des Brésiliens... C'est comme un manga, en petit format souple en noir et blanc, ce n'est pas intimidant et les récits peuvent être courts ou longs. Il n'y a pas beaucoup d'endroits comme ça où un jeune auteur peut faire publier une histoire de vingt pages!» 
Et chaque numéro de Papier a son thème. «Il y a eu Un animal est mort et Casser un objet magique par exemple. Le prochain thème tournera autour de l'art et ensuite ce sera la nourriture. Le thème n'est pas toujours respecté à la lettre, les auteurs aiment bien le contourner, mais les contraintes sont stimulantes pour la créativité, car trop de liberté tue la liberté», résume celui qui, pour cette raison, a contribué à la création de l'Ouvroir de bande dessinée potentielle en 1993, un comité qui crée justement des B.D. sous contrainte artistique volontaire.