Le Québécois Lewis Irving vivra sa première saison complète sur le circuit de la Coupe du monde de sauts en ski acrobatique.

Lewis Irving dans la cour des grands

Lewis Irving venait de réussir son premier triple périlleux avec quatre vrilles. Première fois sur neige, à vie. Un saut qu'on verra aux Jeux olympiques, dans 14 mois.
Sa voix ne trahissait pourtant pas une excitation particulière. «J'étais un peu stressé, c'est un saut à degré de difficulté très, très élevé. Mais je savais que ça s'en venait et une fois que le premier est atterri, s'agit de le refaire en compétition avec constance», a expliqué le sauteur de Charlesbourg, joint par Le Soleil en Chine, où sa journée de jeudi s'achevait.
La saison de Coupe du monde de sauts en ski acrobatique commence cette fin de semaine avec deux épreuves à Beida Lake, station de ski retirée du nord-est de la Chine, à deux heures de Changchun. Première de sept escales internationales pour huit épreuves culminant aux Championnats du monde, en mars.
En Chine, l'équipe canadienne de saut compte quatre skieurs. Les vétérans Olivier Rochon, de Gatineau, et l'Ontarien Travis Gerrits mènent la charge aux côtés de Irving et de la Montréalaise Catrine Lavallée, plus verts.
Rochon, 27 ans, champion de la saison de Coupe du monde en 2012, et Gerrits, 25, vice-champion du monde en 2013, reviennent de blessure. Irving et Lavallée n'ont que 21 ans et continuent d'apprendre le métier.
Quant à Mélissa Corbo, de Blainville, elle s'est blessée au genou durant le camp d'entraînement en Finlande et a dû rentrer au Québec pour obtenir une injection de cortisone. Sa saison n'est toutefois pas compromise.
À temps plein
Pour Irving, il s'agit d'une première campagne complète sur le circuit mondial. La saison dernière, il avait participé aux quatre premières étapes avant de retourner parfaire son art sur le circuit nord-américain, dont il était champion en titre. Il a cette fois pris le deuxième rang au classement avec seulement une demi-saison.
Sa quatrième place à la Coupe du monde de Deer Valley lui a permis de récolter le titre de recrue par excellence parmi tous les sauteurs internationaux. Et voilà qu'il a amélioré sa technique au point de revenir en Coupe du monde pour rivaliser avec les meilleurs.
Armé d'un triple périlleux avec quadruple vrille, «je suis finalement rendu au niveau de difficulté des vétérans du circuit», se réjouit-il. «Reste à le reproduire en compétition», poursuit celui qui espère ainsi bénéficier de conditions climatiques clémentes, samedi et dimanche.
Beida Lake est reconnue à la fois pour le froid et le vent. Pas de doute pour le premier, il faisait - 23 °C jeudi. Mais le souffle d'Éole demeurait calme pour l'instant, ce qui augure bien pour l'épreuve officielle.
Viser la Corée
Une fois à armes égales ou presque, la destination privilégiée ne peut être autre que la Corée du Sud et ses Jeux olympiques de 2018.
Le processus de qualification olympique se met déjà en branle avec trois épreuves cibles à Lake Placid (14 janvier), à Bokwang (10 février), site de la compétition olympique de sauts, et à Sierra Nevada, en Espagne, pour les Mondiaux (9 et 10 mars). La compilation des quatre meilleurs résultats dans les 14 prochains mois constitue l'autre chemin jusqu'aux cinq anneaux.
«Les Jeux, c'est le but, c'est sûr», affirme Irving, qui n'aurait alors qu'un tout jeune 22 ans. «Mais l'important, c'est de rester constant dans mes performances», conclut celui qui visera chaque fois, à commencer par cette fin de semaine, une participation à la super finale à six sauteurs.