Donald Trump a de nouveau attiré l'attention par ses prises de position lors du cinquième débat républicain. Il a aussi reçu quelques flèches de la part de ses adversaires.

L'État islamique au coeur du débat républicain

La guerre contre les jihadistes de l'organisation État islamique et la proposition de Donald Trump d'exclure les musulmans des Etats-Unis ont dominé le cinquième débat des candidats aux primaires républicaines mardi à Las Vegas.
«L'Amérique est en guerre», a annoncé le sénateur du Texas Ted Cruz. «Notre liberté est attaquée», a dit Jeb Bush. «Notre pays est hors de contrôle», a tonné Donald Trump, le milliardaire en tête des sondages, dans ce débat entre neuf candidats à l'hôtel The Venetian, dominé par les conséquences des attentats de Paris et de San Bernardino.
Les candidats, les uns après les autres, ont gravement énuméré les menaces terroristes, islamistes, radicales, jihadistes pour s'interroger, comme au lendemain des attentats du 11 septembre 2001, sur l'équilibre approprié entre sécurité nationale et protection des libertés individuelles et de la vie privée - et en promettant fermeté et détermination face à la faiblesse supposée du président démocrate, Barack Obama.
Seule voix discordante sur ce sujet, le sénateur Rand Paul, représentant de l'aile libertaire du parti républicain. 
Obama comme punching ball
Les candidats ont pris pour punching ball commun Barack Obama, obsédé selon eux par un «politiquement correct» qui aurait affaibli les défenses de l'Amérique, par exemple en acceptant des réfugiés syriens.
«Je comprends pourquoi Donald a fait sa proposition», a dit Ted Cruz. «Nous stopperons les attaques terroristes avant qu'elles se produisent car nous ne seront pas prisonniers du politiquement correct».
Le débat est revenu sur les loupés des services de renseignement, qui n'ont pas su repérer le couple américano-pakistanais qui a tué 14 personnes en Californie, et avant eux les frères Tsarnaev, auteurs des attentats du marathon de Boston en 2013.
Des candidats ont dénoncé l'administration Obama qui n'aurait pas osé aller fouiller dans leurs communications sur les réseaux sociaux.
«Tous les parents d'Amérique vérifient les réseaux sociaux et tous les employeurs le font aussi. Mais l'Etat ne peut pas le faire?» s'est interrogée Carly Fiorina, ex-PDG d'Hewlett Packard. Elle s'est vantée d'avoir collaboré avec la NSA, l'agence de renseignement électronique, lorsqu'elle était aux commandes du géant informatique.
Débat sur la NSA 
Donald Trump a plaidé pour la fermeture de certains pans d'internet en Syrie ou en Irak, et juré que sous sa présidence, les Américains pénètreront «l'internet pour savoir exactement où se trouve l'EI».
«L'EI utilise l'internet mieux que nous», a dit le milliardaire. «Vous me parlez autant que vous voulez de liberté d'expression, je ne veux pas qu'ils utilisent notre internet».
A la mi-temps, l'affrontement entre les deux premiers dans les sondages - Donald Trump (33 % des intentions de vote en moyenne) et Ted Cruz (16 %) - n'avait pas eu lieu.
Des flèches de Bush
Les flèches les plus acerbes contre le leader de la course sont venues, une fois encore, de Jeb Bush.
«Donald, vous ne gagnerez pas la présidence en insultant tout le monde», a dit le frère cadet du dernier président républicain, George W. Bush.