Un travailleur retire une affiche électorale à l'effigie du premier ministre conservateur sortant Mariano Rajoy, à Madrid.

L'Espagne plongée dans un chaos politique

L'Espagne était plongée lundi dans un chaos politique si profond que l'Allemagne a admis ne pas savoir qui elle devrait féliciter au lendemain des élections générales de dimanche.
Le Parti populaire au pouvoir a remporté le plus de votes, mais il a laissé filer sa majorité parlementaire et devra maintenant dénicher un partenaire quelconque pour assembler un gouvernement de coalition.
Toutefois, son partenaire le plus plausible - le Ciudadanos («Citoyens»), proche de la communauté des affaires - ne dispose pas de suffisamment de sièges pour décrocher une majorité. Ciudadanos a terminé en quatrième place.
L'incertitude a matraqué la Bourse de Madrid, qui a plongé de 3,6 % quand les investisseurs se sont inquiétés d'une éventuelle alliance entre le Parti socialiste et le Podemos («Nous le pouvons») d'extrême gauche. Cette coalition pourrait accoucher d'un gouvernement qui chercherait à renverser les mesures d'austérité impopulaires mises en place depuis quatre ans par le premier ministre sortant Mariano Rajoy.
M. Rajoy s'est engagé, après le scrutin, à tenter de former un gouvernement, mais plusieurs se demandent comment il y parviendra après avoir décroché seulement 123 sièges sur un total de 350 à la Chambre basse.
Une porte-parole du gouvernement allemand, Cristiane Wirtz, a déclaré à la presse lundi que les Espagnols méritent d'être félicités pour un taux de participation de 73,2 %, mais qu'elle ne sait pas vraiment qui d'autre elle pourrait féliciter.
Incertitude
RBC Marchés des capitaux a prévenu que les tractations politiques risquent de durer longtemps, ce qui implique une longue période d'incertitude pour les consommateurs et le monde des affaires.
Les socialistes et Podemos ont indiqué lundi qu'ils ne voteront pas pour M. Rajoy, tandis que Ciudadanos, qui a fréquemment affiché son intention de ne jamais voter pour M. Rajoy, a fait savoir qu'il pourrait tout au plus s'abstenir pour lui permettre de former un fragile gouvernement minoritaire.
La Constitution prévoit que le roi désigne, après consultations, un candidat chargé de former un cabinet, qui doit ensuite être investi par la Chambre.