Steve Biron a lu en pleurant jeudi, un texte destiné à ses 15 victimes, à l'occasion des représentations sur la peine. L'homme de 35 ans, porteur du VIH, a plaidé coupable en septembre à 15 accusations d'agression sexuelle ayant mis la vie d'autrui en danger.

Le séropositif Steve Biron s'adresse à ses victimes lors des représentations sur sa peine

«Je m'excuse infiniment du tort que j'ai causé. Mon intention n'était vraiment pas de mettre en danger la vie des victimes.»
Vêtu d'un complet gris bien coupé et d'une chemise blanche, Steve Biron a lu en pleurant jeudi, un texte destiné à ses 15 victimes, à l'occasion des représentations sur la peine, qui se poursuivent vendredi.
Biron, 35 ans, a plaidé coupable en septembre à 15 accusations d'agression sexuelle ayant mis la vie d'autrui en danger.
Les victimes, des hommes âgés de 29 à 60 ans, ont connu Biron par le biais de sites Web de rencontre gaie. Le jeune homme disait rechercher des partenaires pour des relations sexuelles anales non protégées, une pratique connue comme le «barebacking».
Steve Biron se disait «clean», mentant sur le fait qu'il est porteur du VIH depuis le printemps 2007. Il affirmait être allergique au condom pour mieux convaincre les hommes.
Les rencontres avaient lieu dans la grande majorité des cas au domicile appartenant à Biron et son conjoint, sur le chemin Royal à Beauport, entre les mois de septembre 2009 et novembre 2010.
À cette époque, Steve Biron assure qu'il était dans une «grande détresse psychologique». «Ma consommation d'alcool et de médicaments faisait que je n'avais plus de respect pour moi pas plus que pour les autres», indiquait le jeune homme.
Une des victimes de Biron a effectivement contracté le VIH. Mais comme cet homme a eu des relations sexuelles non protégées avec d'autres partenaires, il est impossible d'affirmer hors de tout doute raisonnable qu'il a été infecté par Steve Biron, selon la procureure de la Couronne, Me Rachel Gagnon.
Toutes les victimes ont vécu des mois d'angoisse en attendant les résultats de leur test de dépistage du VIH. «Nous avions beaucoup de difficulté à dormir et nous pensions seulement à ça», écrivent deux hommes qui avaient accepté en couple l'invitation de Biron.
Steve Biron a confié au tribunal avoir fait deux tentatives de suicide; la première à 19 ans et l'autre en décembre 2009, alors qu'il se trouvait, affirme-t-il, au plus profond de la dépression. L'ex-conjoint de Biron a raconté comment, à l'été 2010, le jeune homme s'est mis à prendre sa médication pour le VIH de façon très irrégulière. La charge virale de Biron a alors augmenté, ce qui ne l'a pas empêché d'avoir de nouvelles relations sexuelles non protégées, a souligné Me Gagnon.
Depuis son arrestation, son sevrage forcé en prison et une thérapie de six mois, Steve Biron affirme avoir beaucoup changé. «Je veux démontrer que je suis une bonne personne et que je peux être un actif pour la société.»