Christian Labrosse est responsable de la sûreté et directeur des opérations depuis octobre 2015.

Les yeux et les oreilles de l'aéroport Jean-Lesage

Christian Labrosse oeuvre à l'aéroport depuis 2011. Récemment responsable de la sûreté et directeur des opérations depuis octobre 2015, il a longtemps été directeur délégué. Fier de l'équipe avec qui il travaille, c'est en compagnie du directeur Alexandre McGraw qu'il nous fait visiter le bureau des opérations de l'aéroport.
«Si une de vos questions tantôt, c'est de me demander pourquoi j'aime travailler à l'aéroport de Québec, c'est parce que je travaille avec des gens qui sont dynamiques et passionnés», vante d'emblée M. Labrosse alors que M. McGraw nous guide d'une pièce à l'autre. 
Dans celle du fond,une multitude d'écrans diffusent des images prises par l'une des 350 caméras de surveillance de l'aéroport. Dans la pièce adjacente, un grand nombre de téléphones alignés semblent attendre d'être décrochés pour des appels d'urgence. L'immense fenêtre du bureau donne vue sur la piste principale. Si une urgence survient, des micros placés au plafond enregistrent tous les sons émis dans cette pièce. En cas d'enquête, ces enregistrements pourront être écoutés.
«Le rôle du directeur délégué, c'est de diriger ce qui va se passer dans les 24 à 48 prochaines heures. Il est aussi responsable des plans de mesures d'urgence», explique Alexandre McGraw. Une grosse partie de ses tâches consiste à informer l'ensemble des intervenants concernés des réparations, des aléas météorologiques ou de tout autre changement survenant à l'aéroport. 
Par exemple, au moment de notre passage, la piste principale était en réparation. Le directeur se devait donc d'aviser qu'aucun atterrissage n'y était possible sauf à 30 minutes de préavis.
«On a toujours un cadre en devoir, 24 heures sur 24, sept jours sur sept. Il n'y a pas de férié pour ces gens-là» rappelle Christian Labrosse, un ancien lieutenant-colonel pour les Forces armées canadiennes. «J'ai fait 28 ans dans le Royal 22e Régiment, j'ai commandé un des bataillons à Valcartier.»
Sang-froid
De son parcours dans l'armée, M. Labrosse a conservé son sang-froid, son sens de l'organisation et sa capacité à prendre des décisions rapidement.
Des qualités qui l'ont aidé il y a quelques années, lorsqu'un appareil s'est enlisé au croisement de deux pistes d'atterrissage. Les pistes étant impraticables, l'aéroport a dû fermer. «Avec Alexandre, on a déclenché les mesures d'urgence, il n'y a pas eu de danger pour personne, mais dans une perspective commerciale, l'aéroport était fermé. Il fallait enlever l'avion de là le plus vite possible.»
En quelques heures, M. Labrosse avait coordonné le transport des passagers, les opérations pour retirer l'avion de sa mauvaise posture et communiqué avec l'ensemble des compagnies aériennes, des douanes et des services d'urgence, en plus de rappeler un grand nombre d'employés au travail. 
«On a été chanceux dans notre malchance parce que l'appareil était le dernier qui atterrissait à minuit et que le rush recommençait à 5h. L'impact final aura été que trois vols ont eu environ une quinzaine de minutes de retard.»
Au quotidien, les travaux d'agrandissement ajoutent un défi supplémentaire pour le directeur des opérations. Une responsabilité dont il se charge avec enthousiasme. 
«Il y a une effervescence. Les gens rentrent au travail et sont tellement motivés. Ça nous transporte.»