Les Québécois joueront devant les caméras de la télé belge, mercredi soir, au Palais des beaux-arts de Bruxelles. Ils clôtureront la tournée vendredi au Théâtre des Champs-Élysées à Paris.

Les Violons du Roy à Berlin: autant de plaisir que de fierté

Berlin n'a pas impressionné Les Violons du Roy et leur chef Bernard Labadie. Elle les a inspirés. Les débuts des musiciens québécois dans la mythique salle de la Philharmonie, et par la même occasion dans la capitale allemande, lundi soir, ont été pour eux un moment de grande fierté collective.
«On se sentait vraiment en contrôle de la situation et très à l'aise, a commenté Bernard Labadie au lendemain du concert. Et ce qui était particulièrement agréable, c'était de sentir que, dans un contexte où le concert était quand même très important pour l'avenir, on a réussi à avoir autant de plaisir. L'orchestre avait une énergie extraordinaire!»
Deuxième étape de la tournée qu'effectuent présentement les Violons du Roy en Europe en compagnie de la mezzo-soprano Magdalena Kozena, cette toute première prestation des Québécois devant le public berlinois était hautement significative du point de vue artistique.
«Il y avait une fierté palpable et légitime [chez les membres de l'orchestre], souligne le chef. Elle était là dès la répétition, elle était là pendant le concert, et elle était là après le concert. Pour moi, comme directeur musical, c'est aussi un moment de grande fierté de voir que, collectivement, nous avons réussi non seulement à nous rendre là, mais à susciter une réaction très, très positive du public.»
Les Violons du Roy, qui étaient les invités de l'Orchestre philharmonique de Berlin, ont ouvert le concert avec la Symphonie no 33 de Mozart. Mais c'est semble-t-il la 88e de Haydn, présentée un peu plus tard dans la soirée, qui a reçu l'accueil le plus chaleureux. L'auditoire a fait fi des règles et a applaudi spontanément dès la fin du Menuet. «Les gens ont reçu le Haydn avec un enthousiasme particulier, constate le maestro. Ils avaient l'air très enthousiastes et heureux, ça ne semblait pas feint. On avait l'impression d'avoir un rapport vraiment privilégié avec le public.»
Magdalena Kozena, que les Violons du Roy retrouvaient pour la première fois depuis 2006, se trouve apparemment au sommet de sa forme. «La voix a gagné beaucoup en profondeur et en richesse, sans perdre aucune des qualités, en particulier la légèreté et la précision dans les vocalises», estime Bernard Labadie.
Pour les Violons du Roy, cette première aura certainement «un impact pour la suite des choses», pense-t-il. Dans la salle de quelque 1200 places, bondée, se trouvaient notamment Annette Mangold, directrice de l'administration artistique de la Philharmonie de Berlin, Ute Fesquet, vice-présidente pour les artistes et le répertoire chez Deutsche Grammophon, Simon Rattle, l'actuel directeur musical de l'Orchestre philharmonique de Berlin, ainsi que plusieurs représentants importants du milieu de la musique.