Les vacances du petit Nicolas

Les vacances du Petit Nicolas: formule éprouvée

On ne change pas une formule gagnante. Après tout, Le Petit Nicolas, inspiré de l'oeuvre de Sempé et de Goscinny, a connu un spectaculaire succès aux guichets, en 2009. Pour Les vacances du Petit Nicolas, Laurent Tirard est de retour derrière la caméra de cette comédie familiale à la nostalgie assumée. La suite ne réinvente rien et propose des vignettes rigolotes et sympathiques, à défaut d'être originales.
Valérie Lemercier et Kad Merad reprennent leur rôle de la mère et du père de Nicolas. Mais comme cinq ans ont passé, il a fallu changer l'interprète du petit garçon à la grande imagination et confier le rôle à Mathéo Boisselier, qui s'en tire très bien. Cette grande imagination est d'ailleurs à la source d'un quiproquo agissant comme moteur narratif et comique du film.
C'est que Nicolas, ses parents et l'insupportable Mémé sont en vacances à la mer. Il s'y fait de nouveaux amis, mais, surtout, rencontre Isabelle, une inquiétante petite fille aux yeux exorbités. Les parents rigolent : «Qu'ils sont choux, ces deux-là. Je crois bien qu'on va les marier.»
Comme le long métrage épouse le point de vue de Nicolas, ces malheureuses deux petites phrases seront la source de bien des quiproquos (comme d'habitude en comédie). Le garçon panique et fait appel à ses amis pour se sortir de ce pétrin potentiel. Ils vont, avec toute la bonne volonté du monde, causer bien des ennuis.
La plupart des gags sont vieux comme le monde, sauf qu'ils sont bien amenés et correspondent à l'esprit vieillot du film. On se croirait plongé dans un film de Louis de Funès, tant pour l'esthétique que pour les mimiques. Tirard (Astérix et Obélix : au service de Sa Majesté) s'en est donné à coeur joie dans les références cinématographiques. Ses jubilatoires clins d'oeil appuyés aux films d'horreur et aux comédies musicales de l'époque sont assez bien réussis.
Montage parallèle
Il y a aussi ce réalisateur italien (un peu trop cliché) qui se met en tête de donner un rôle à la mère du Petit Nicolas, qui va se la jouer totale, pendant que le père n'a d'yeux que pour une jeune Allemande qui aime se baigner dans le plus simple appareil (évidemment, on est au cinéma français, ça prend un peu de nudité...).
Ce montage parallèle entre les appréhensions de Nicolas et les difficultés matrimoniales des parents est bien vu. Il permet aussi d'étoffer une narration qui serait autrement bien ténue. Le long métrage n'en reste pas moins très prévisible, tout en livrant la marchandise.
On s'entend, le film est formaté pour plaire à un large public. On ne force rien. Il s'agit d'une comédie estivale rafraîchissante, servie par de très bons acteurs. Valérie Lemercier a une présence très forte, comme d'habitude. Son rôle d'anxieuse qui gagne confiance en soi lui va comme un gant. Même chose par Kad Merad, savoureux en Français moyen, maladroit, susceptible et un peu râleur.
Bref, tout indique que ce second opus, qui sort simultanément au Québec et en France, se dirige vers un autre succès populaire. Étant donné l'offre actuelle pour une sortie familiale, c'est pas mal ce qu'il y a de mieux à se mettre sous les yeux.