De gauche à droite : Anne-Sophie (infirmière clinicienne), Véronique (médecine familiale et urgentologue) et Carolyne (hématologue)

Les trois filles du Dr Delage Avoir l'hôpital dans le sang

On peut dire sans se tromper que la famille Delage a l'hôpital dans le sang. Robert Delage est hématologue et sa conjointe est infirmière dans le même hôpital. Et ses trois filles vivent aussi dans le milieu hospitalier.
Carolyne termine à Montréal sa spécialisation en oncologie, après celle en hématologie, suivant en quelque sorte les traces de son père Robert. Véronique est aussi médecin en médecine générale et urgentologue, actuellement à Baie-Comeau après avoir fait sa résidence à l'Enfant-Jésus, comme sa soeur aînée. La plus jeune, Anne-Sophie, est infirmière aux urgences à l'Enfant-Jésus depuis un mois. 
Les pommes ne tombent jamais bien loin du pommier.
Chose certaine, ça parlait de médecine, de santé et d'hôpital dans leur enfance, confirment Carolyne, Véronique et Anne-Sophie. 
«C'est probablement ce contexte familial qui m'a influencée à devenir infirmière», raconte la plus jeune des filles Delage qui n'était pas attirée par la médecine. Pour sa part, Véronique insiste : «Vivre avec des gens passionnés par leur travail, ça ne peut faire autrement qu'avoir un effet sur nos choix.»
Les réunions de famille ne tournent pas qu'autour de la médecine. «Nous avons aussi des conversations tout à fait normales», ajoute Carolyne en riant. «Puisque nous sommes actuellement dans trois villes différentes, nous avons toujours plein de choses nouvelles à nous raconter. Si on parle d'hôpital, ce sera davantage pour raconter des anecdotes.»
«La famille élargie n'est pas dans le monde médical, continue Véronique. Lorsque nous nous voyons en famille, nous avons tant de choses à raconter que l'univers des hôpitaux n'est pas la priorité des conversations.»
Infirmière depuis un mois à l'urgence de l'Hôpital de l'Enfant-Jésus, Anne-Sophie a passé trois ans au CHUL, dans Sainte-Foy, au département de chirurgie. Elle avait besoin de changement sachant qu'elle aurait plus d'action dans une urgence.
«Je voulais me rapprocher des patients», explique-t-elle en entrevue. «Ça bouge beaucoup dans les urgences. Il y a de l'action. Et je me disais aussi qu'en étant plus proche des patients, je pourrais leur faciliter leur séjour à l'hôpital.» 
Une famille au complet dans le monde hospitalier, c'est un peu étonnant. Non? «Quand je regarde ma famille, je trouve cela normal. Ça fait partie de mes habitudes. Mais en regardant d'autres familles, je peux comprendre que nous sommes bien différents.» Pour elle, c'est certainement la passion de leur père pour la médecine, et vraisemblablement celle de la mère aussi, qui s'est transmis à toute sa progéniture.
Quant à Véronique, elle pratique à Baie-Comeau depuis trois semaines à l'urgence. Elle vient de terminer une année de spécialisation en urgentologie à l'Université Laval après avoir choisi la médecine familiale. «Je voulais aller en région pour pratiquer la médecine. Baie-Comeau, c'est un très bel endroit pour être médecin. Je commence aux urgences, mais je veux aussi faire de la consultation pour suivre des patients. Je verrai comment cela se fera au fur et à mesure.»
Hématologue-oncologue comme son père
L'aînée des filles Delage, Carolyne, a choisi la même spécialité que son père. Ce qui l'attirait, c'était à la fois le côté scientifique de la profession et la relation avec les patients.
«Il y a tellement de choses à découvrir et à explorer dans le volet scientifique, confie-t-elle. J'avais un intérêt particulier pour les pathologies, de sorte que l'hématologie me convenait très bien. Et la relation avec les patients que l'on suit longtemps, c'est vraiment particulier et enrichissant.»
Même si l'hématologie l'intéressait pendant ses stages, Carolyne Delage affirme avoir gardé l'esprit ouvert pour s'intéresser aux autres spécialités de la médecine interne. «Mais je revenais toujours à l'hémato-oncologie», insiste-t-elle.
Ayant fait sa résidence dans l'hôpital où travaille son père, elle a eu à discuter de quelques cas avec lui. Par contre, elle avait une quinzaine de patrons en tout qui l'entourait. «Nous sommes capables de faire la part des choses, ajoute-t-elle en parlant des relations professionnelles avec son père.
Il lui reste une année en oncologie à Montréal avant de faire une surspécialité dans une autre ville ou un autre pays. «Ce sera probablement sur le lymphome, mais rien n'est encore tout à fait décidé», précise-t-elle. C'est ce qui lui permettra de revenir au centre universitaire qu'est l'Enfant-Jésus.
Elle a bien hâte de retrouver l'équipe d'hémato-oncologie, d'ici deux ou trois ans, avec qui elle a fait la première étape de sa résidence. Pour elle, il y a un bel avenir dans sa spécialité avec toutes les nouveautés à venir, et les grands défis à relever.
En dehors de la médecine, Carolyne Delage fait beaucoup de vélo, dont le grand Fondo, une course annuelle organisée par Louis Garneau, et de la natation depuis de nombreuses années. Les filles de Robert Delage ne sont jamais parties en voyage les trois soeurs ensemble. À deux oui, à cause des horaires difficiles à coordonner. Mais, lorsqu'elles le peuvent, elles font des activités ensemble comme des randonnées ou d'autres sports.