Pour atténuer les effets du vent sur les édifices, les coins carrés peuvent être arrondis pour donner moins de prise. Le bâtiment peut être ovale ou pratiquement rond comme le Gherkin (littéralement le Cornichon) à Londres.

Les tracasseries du vent

PROBLÈME : les effets négatifs du vent sur les bâtiments et les piétons.SOLUTION : analyser les corridors des vents dominants, modifier les structures des édifices et ajouter des éléments pour augmenter la résistance au vent.Les édifices en hauteur qu'ils soient à New York, à Londres, à Toronto, ou à Québec, subissent les effets du vent, mais ils peuvent aussi accentuer les effets négatifs autant pour les piétons que sur le bâtiment lui-même.
La hauteur et la géométrie d'un édifice multiplient les effets du vent s'il n'a pas été conçu en tenant compte du comportement du vent. Ces principes sont bien définis dans la mécanique des fluides, explique l'ingénieur Robert Vandewinkel, président de l'entreprise Le groupe Akobold.
Il explique ce que sont les turbulences et l'accélération du vent qui créeront des vortex, l'effet Venturi, ou encore l'effet rebond qui est plus fort selon la hauteur de l'édifice, même le double rebond lorsque deux édifices sont proches l'un de l'autre, l'effet Marilyn Monroe comme le décrivent les ingénieurs des États-Unis.
Si l'on ne tient pas compte des effets du vent, des portes ne s'ouvriront pas facilement, des fenêtres voleront en éclat. C'est arrivé dans le quartier Manhattan à New York et dans le centre-ville de Toronto. New York a règlementé la construction des édifices pour tenir compte des effets du vent en 1983 alors que Toronto a fait de même au milieu des années 2000.
À Québec, il y a quelques endroits propices à l'accélération du vent, comme le secteur de la rue Honoré-Mercier en montant vers la colline parlementaire, ou le boulevard Laurier dans Sainte-Foy, indique M. Vandewinkel. Dans les secteurs bâtis, il faut effectuer une bonne analyse des vents et des moyens de diminuer les effets indésirables avant d'implanter un nouveau bâtiment en hauteur.
Les ingénieurs et les architectes doivent travailler ensemble pour dessiner des bâtiments qui tiennent compte des manières de contrer le vent. Il donne l'exemple des nouveaux édifices dont la base beaucoup plus large fait cinq ou six étages, et qui sont même construits en paliers multiples. Ainsi, l'effet de rebond diminue s'il y a plusieurs paliers de différentes largeurs qui casseront le vent. Le premier rebond de vent se fera sur la base et n'affectera pas les piétons ou les commerces au niveau de la rue.
Il soutient qu'avec les matériaux actuels, il est facile d'éviter les édifices aux angles à 90 degrés habituels. Les coins carrés peuvent être arrondis pour donner moins de prise aux vents. Le bâtiment peut être ovale ou pratiquement rond comme le The Gherkin (littéralement le Cornichon) à Londres.
«Ce sera mieux encore s'il y a des formes de marquises et des auvents, continue M. Vandewinkel. Au sol, en tenant compte des principes du développement durable, il pourra y avoir des arbres matures qui offrent une meilleure résistance au vent et des aménagements pour qu'il y ait une vie urbaine entre les édifices. C'est ce qui s'est fait au Canary Warf à Londres.» Mais ce n'est pas le cas à Place d'Youville, par exemple, où il n'y a rien au sol pour contrer le vent.