Mercredi, le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a dit ignorer si l'utilisation d'armes à impulsion électrique par les gardiens de prison était à l'étude.

Les Taser envisagés en prison

Le ministère de la Sécurité publique du Québec (MSP) étudierait la possibilité de munir les gardiens de prison d'armes à impulsion électrique, communément appelées Taser.
Un agent des services correctionnels de l'établissement de Québec, qui désire garder l'anonymat, a soutenu que ce seraient les membres des Équipes correctionnelles d'intervention d'urgence qui seraient munis d'armes à impulsion électrique si le projet à l'étude est concluant.
«Ce sont les mêmes que ceux utilisés par le Service de police de Québec», avance un agent des services correctionnels de l'établissement de Québec, qui désire garder l'anonymat. Selon lui, ce seraient les membres des Équipes correctionnelles d'intervention d'urgence qui en seraient munis si le projet à l'étude est concluant.
Une information dont a également eu vent le vice-président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPSCQ), Tony Vallières. «Mais je ne sais pas pour quel type d'intervention ils pourraient être utilisés», admet-il, rappelant que les pistolets de type Taser sont à courte portée.
M. Vallières ne se dit pas contre l'idée, «en autant que la sécurité des agents est assurée». Il explique par ailleurs qu'au cours des dernières années, de nouvelles armes dites «intermédiaires» ont été introduites dans les prisons provinciales. C'est notamment le cas pour les pistolets qui propulsent du poivre de Cayenne, ou OC (Pléoresin Capsicum).
Nouveaux outils
Toujours selon M. Vallières, des Équipes correctionnelles d'intervention d'urgence de certains établissements carcéraux, comme ceux de Québec et de Trois-­Rivières, ont récemment été dotées de grenades de poivre de Cayenne, qui ont la propriété de saturer l'air d'une pièce et qui peuvent être lancées à distance. D'abord à l'essai pendant six mois, cet outil a été finalement adopté pour de bon.
Mercredi, le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a dit ignorer si l'utilisation d'armes à impulsion électrique par les gardiens de prison était à l'étude. «Je ne crois pas qu'on en soit là mais c'est sûr qu'il y a toujours une évaluation des moyens mis à la disposition des agents correctionnels pour intervenir en cas de situation d'agitation», a néanmoins fait valoir le député de Verchères.
«Je fais confiance aux gens chargés d'évaluer ce genre de situation pour prendre les meilleures décisions qui soient», a ajouté le ministre. Ce dernier s'est par ailleurs dit conscient du problème de surpopulation carcérale dans les établissements provinciaux. Il a soutenu que son gouvernement allait de l'avant avec la construction de nouvelles prisons pour pallier la situation, qui a notamment pour conséquence d'accroître les tensions et la violence à l'intérieur des murs.
De son côté, le porte-parole du MSP, Clément Falardeau, explique que son ministère «explore continuellement les nouveaux outils disponibles pour assurer la sécurité en milieu carcéral. [Nous] examinons plus en détail ceux qui semblent répondre à ces besoins», précise-t-il, sans néanmoins confirmer ou infirmer que les pistolets à impulsion électrique comptent parmi ces outils.
Avec Jean-Marc Salvet