Yannick Émond s'est rendu pour la première fois à son appartement incendié. Un souvenir précieux, le chapeau de son grand-père, a été épargné des flammes.

Les sinistrés de Matane et les donneurs reliés grâce à Facebook

Une vague de générosité a déferlé quelques heures seulement après l'incendie qui a complètement détruit un édifice de 13 logements situé au centre-ville de Matane samedi, jetant 27 personnes à la rue. Les dons affluent.
Une page Facebook intitulée Aide aux sinistrés de la rue McKinnon a pris forme dans la soirée même. À peine 48 heures après, plus de 1000 personnes y avaient adhéré. Sur une autre nommée Donnez au suivant Matane et les environs, des appels à la générosité étaient lancés. La Croix-Rouge a rapidement pris les sinistrés en charge, en leur offrant l'hébergement à l'hôtel jusqu'à aujourd'hui et 200 $.
Lundi matin, le téléphone du Centre d'action bénévole ne dérougissait pas. L'organisme arrimait les donneurs et les sinistrés. «Je suis toujours surprise de la générosité des gens de Matane», constate la directrice du Centre d'action bénévole de la région de Matane, Claire Levasseur. Sur 13 logements, il y en avait seulement 7 qui étaient assurés.
Yannick Émond fait partie de ceux qui n'avaient aucune assurance. Âgé de 32 ans, cet artisan de l'univers de la vidéo, actuellement sans emploi, a réussi à récupérer quelques DVD aux coffrets roussis et un trépied au caoutchouc fondu. «Je ne croyais pas que c'était aussi pire», laisse-t-il tomber en constatant les dégâts en même temps que Le Soleil. En fouillant dans son garde-robe, parmi les vêtements brûlés, le chapeau et un sac de voyage ayant appartenu à son grand-père sont mystérieusement intacts. «C'est ce que je craignais le plus de perdre, s'exclame-t-il, soulagé. C'est l'héritage de mon grand-père décédé en mai.»
Stéphanie Bérubé a presque tout perdu aussi. «Mes appareils photo, mon portable, ma tablette électronique, c'est fini, se désole l'étudiante en photographie du Cégep de Matane. Mais j'ai réussi à sauver mes deux lapins.»
Cause toujours inconnue
Deux personnes ont été transportées à l'hôpital : une sinistrée en état de choc et un pompier blessé au bras. La cause du sinistre demeure inconnue. Les pompiers ont relevé certaines anomalies sur le plan des normes de sécurité dans l'édifice. «C'est un bâtiment qui avait été visité par notre service de prévention, indique le chef de la division du Service de la sécurité publique de la Ville de Matane, David Lavoie. Les modifications recommandées n'avaient pas toutes été faites. On ne fait pas nécessairement de lien, mais on n'écarte aucune possibilité.»