Le chef libéral Philippe Couillard et le candidat Gaétan Barrette en conférence de presse mardi matin

Les scans dans les cliniques privées remboursés, promet Couillard

Si le Parti libéral du Québec (PLQ) est élu le 7 avril, les Québécois verront leur scans et leurs échographies passés dans les cliniques privées de radiologie couverts par la Régie de l'assurance maladie.
«Un Parti libéral majoritaire rendra gratuits, sur la carte d'assurance maladie, tous les services d'imagerie médicale donnés à l'extérieur des hôpitaux», a annoncé le Dr Gaétan Barrette. Le candidat libéral, radiologiste et ancien président de la Fédération des médecins spécialistes, accompagnait son chef Philippe Couillard et l'ex-ministre de la Santé Yves Bolduc pour une annonce à Trois-Rivières mardi matin.
Ironie du sort, M. Barrette avait lui-même négocié cette mesure avec M. Bolduc lorsqu'il était ministre. «En 2012, on s'était entendus, mais il y a eu un grand problème : le Parti québécois est arrivé au pouvoir», a dit M. Barrette. «Ça fait 18 mois qu'on entend Réjean Hébert dire qu'il va régler la radiologie. Il n'y a rien de réglé», a-t-il tranché à propos du ministre de la Santé sortant.
«Nous avons acheté zéro appareil en échographie au Québec dans les 18 derniers mois.»
Il assure que dès l'élection d'un gouvernement libéral, «des centaines de personnes qui doivent aller au privé débourser 150 $ pour une échographie abdominale» pourront seulement présenter leur carte d'assurance maladie. M. Barrette a évalué la mesure à environ 50 millions $ sur trois ans.
Supercliniques et superinfirmières
La radiologie couverte par la carte soleil est l'une des mesures contenues dans le plan de Philippe Couillard pour la santé annoncé mardi.
Le PLQ prévoit aussi la création de 50 supercliniques, ouvertes sept jours sur sept. Ces établissements compteront de 30 à 40 médecins avec infirmières, nutritionnistes, psychologues et des services de radiologie et de laboratoire.
«Ça va permettre de voir plus de patients, d'être mieux organisé, d'avoir un guichet unique», a expliqué Yves Bolduc en donnant l'exemple de la Cité médicale de Sainte-Foy, où il a repris la pratique à temps partiel depuis octobre 2012.
Aux supercliniques s'ajoutent les superinfirmières. Le PLQ en veut 2000 de plus d'ici 10 ans.
La route vers la reconnaissance de ces infirmières praticiennes qui peuvent poser des diagnostics a été ardue. Le taux de diplomation a tourné au ralenti et cette nouvelle catégorie d'infirmières s'est butée par le passé à une certaine résistance des médecins. M. Couillard assure que ces écueils sont du passé.
Coupes de 300 millions $
Pour arriver à financer ces promesses, le PLQ prévoit couper la rondelette somme de 300 millions $ dans le réseau de la santé. Il souhaite notamment épargner d'ici trois ans 10 % (150 millions $) dans la «bureaucratie», mieux organiser les soins et négocier le prix des médicaments.
Pas touche aux salaires des médecins
Pas question pour Philippe Couillard de toucher aux hausses salariales de 540 millions $ accordées aux médecins l'an prochain. Et ce, même si son plan présenté mardi propose des coupes de 300 millions $ dans le réseau de la santé. Cette année, les quelque 18 000 médecins québécois se partagent un autre demi-milliard.
«Je ne reviendrai pas sur la signature de l'État», a tranché le chef du Parti libéral, plaidant notamment que cette hausse a réduit l'écart avec les médecins du reste du Canada pour «garder nos médecins chez nous», a-t-il justifié.
Lors du dépôt du budget Marceau le 20 février, le ministre péquiste de la Santé, Réjean Hébert, avait dit vouloir étaler cette augmentation pour «donner l'oxygène nécessaire» au maintien des services.
La rémunération totale des médecins québécois a bondi de 67 % en cinq ans, pour une hausse moyenne de 8,9 % par année, pour atteindre 6,6 milliards $ en 2013-2014.
Les Barrette virent au rouge
La famille Barrette est devenue fédéraliste. Le candidat-vedette du Parti libéral du Québec Gaétan Barrette a assuré que ses frères et sa mère allaient voter libéral. Samedi, le ministre péquiste sortant Bernard Drainville a affirmé que M. Barrette avait voté Oui au référendum de 1995.
Or, M. Barrette a répliqué en disant que sa famille avait voté Oui, mais pas lui. «Ce que j'ai dit à Bernard Drainville, qui fait des allégories sur mes réponses, c'est que je viens d'une famille péquiste et que moi, j'avais voté Non au référendum», a rappelé M. Barrette. Mais ce n'est plus le cas, a-t-il précisé à Trois-Rivières hier. «Je peux vous dire que dans ma famille, on a un certain désintérêt pour le PQ. Et là mes frères ainsi que ma mère m'annoncent qu'ils vont voter libéral. Pas juste pour moi, mais parce qu'ils en ont un petit peu ras le bol de ce qui se passe au PQ», a poursuivi l'ex-président de la Fédération des médecins spécialistes qui s'était présenté pour la Coalition avenir Québec en 2012.