Selon le recteur Denis Brière, le sous-ministre adjoint à l'Enseignement supérieur aurait confirmé que les compressions imposées à l'ensemble du réseau universitaire pour les années 2012-2013 ainsi que 2013-2014, soit 250 millions $ au total, étaient récurrentes.

Les recteurs plaident pour une hausse du financement universitaire

Une quinzaine de recteurs s'invitent dans la campagne électorale. Ils demandent aux chefs des partis politiques de ramener le financement par étudiant des universités québécoises à la moyenne canadienne, ce qui équivaut à une augmentation de 50 %.
Une publicité coiffée du titre «L'enseignement universitaire, cet enjeu crucial dont aucun parti ne parle» a été publiée dans Le Soleil, La Presse et The Gazette, lundi.
Quinze recteurs l'ont signée - la défunte Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CRÉPUQ), dissoute l'an dernier, comptait 19 membres - et y exposent que «les universités québécoises disposent aujourd'hui en moyenne d'environ 5000 $ de moins par année que les universités du reste du Canada pour former un étudiant».
Selon des données tirées de Statistique Canada et de l'Association canadienne du personnel administratif universitaire, ce financement per capita est de 10 844 $ au Québec contre 15 798 $ dans le reste du Canada.
En entrevue téléphonique au Soleil, le recteur de l'Université Laval, Denis Brière, ajoute que cet écart se creuse d'année en année depuis près d'une décennie. C'est ce qu'il appelle le «définancement». Pour les trois dernières années financières, il établit le manque à gagner de son université à 18 millions $ ou 600 $ par étudiant.
Pourtant, lors de la dernière élection, qui suivait la grève étudiante, le Parti québécois parlait de refinancer le secteur universitaire. Depuis, le gouvernement s'est livré à «un jeu comptable», dénonce M. Brière.
Engagement réclamé
Son groupe ne veut pas dire au gouvernement ni aux partis d'opposition où prendre l'argent pour renflouer les coffres des universités. «Que ça vienne de la recherche, que ça vienne du gouvernement ou des frais de scolarité» importe peu, selon le recteur de l'Université Laval, qui réclame un «engagement». «On n'est pas assez idiots pour penser que tout ça peut se corriger dans un an. C'est pour ça qu'on donne un horizon de cinq ans», soit jusqu'en 2020, ajoute-t-il.
Si rien n'est fait d'ici là, M. Brière affirme que des choix difficiles devront être faits. «On ne diminuera pas la qualité. On va être obligés de fermer des programmes et de fermer des facultés», prédit-il.
La présidente de l'Université du Québec, Sylvie Beauchamp, n'a pas signé la publicité diffusée lundi. Elle n'était pas disponible pour nous parler, mais sa porte-parole, Valérie Reuillard, a fait savoir qu'«elle est tout à fait d'accord avec la position des autres recteurs mais nous aurions privilégié un autre moyen de diffusion, comme une lettre ouverte». Cela a déjà été fait dans le passé.