Les Québécois ont pris l'habitude de verser des cotisations par prélèvement automatique soit dans des REER collectifs, soit dans des REER personnels.

Les Québécois ont appris à planifier

Dans le dernier droit pour la cotisation à un REER, un sondage commandé par Placements Mackenzie révèle que 68 % des Québécois sont d'humeur «indifférente» face à l'arrivée de la fin de la période des REER. La majorité des répondants ne sont ni inquiets ni confiants quant à leurs cotisations à un REER pour le moment.
Pour Karine Précourt, directrice planification fiscale et successorale chez Placements Mackenzie, cette indifférence ou ce manque de fébrilité pour les cotisations de dernière minute peut se comprendre par le fait suivant : les Québécois ont pris l'habitude de verser des cotisations par prélèvement automatique soit dans des REER collectifs, soit dans des REER personnels. La date limite pour les cotisations a peu d'importance pour ces personnes.
«Les résultats du sondage montrent aussi que 42 % des Canadiens, même chose pour les Québécois, font affaire avec un conseiller financier. Ils ont pris l'habitude de planifier leurs économies et leurs placements», précise Mme Précourt.
Un autre constat montre que l'endettement des ménages se porte mieux au Québec qu'au Canada, où la moyenne d'endettement continue de croître. «À cause du marché immobilier, plusieurs Canadiens vont emprunter sur leur marge de crédit ou payer leur hypothèque sur leur carte de crédit. L'investissement dans le REER ne devient pas une priorité, car ils ont d'autres dépenses à faire avant de cotiser à un régime d'épargne», estime Mme Précourt.
Pour 25 % des Canadiens, le REER n'est pas l'outil adapté à leurs besoins en vue de la retraite, continue-t-elle. «L'importance n'est pas tant de cotiser au REER, mais d'épargner pour la retraite. Le REER est l'un des outils sur le marché, non leur seul», ajoute-t-elle.
Pour elle, selon la situation familiale, si le niveau de revenu est faible, il n'est pas nécessairement avantageux du point de vue fiscal d'investir dans un REER. Le CELI deviendrait un meilleur véhicule de placement, quitte à transférer des montants du CELI au REER lorsque les revenus seront plus élevés. À ce moment, l'avantage fiscal deviendra intéressant en fonction du taux d'impôt à payer.
En fin de compte, le choix entre le REER, le CELI ou les autres véhicules de placement repose sur une planification financière et fiscale en vue de la retraite. «Consulter un conseiller financier permet à la personne de s'assurer qu'elle est sur la bonne voie», affirme Mme Précourt, et qu'elle fait les bons choix en fonction de ses objectifs. En général, souligne-t-elle, les gens qui font affaire avec un conseiller sont plus susceptibles d'avoir un plan financier et des objectifs quant à leurs cotisations tout en ayant de meilleures connaissances sur les produits financiers existants.
D'autres faits saillants de l'étude Mackenzie
29 % des Québécois se sentent plus optimistes et sûrs de cotiser avant la date limite de la période des REER, contrairement à 25 % pour  les Canadiens.
23 % des Québécois ont déclaré avoir des sentiments négatifs (anxieux, inquiets et confus) face aux 60 jours qu'il reste pour cotiser à ses REER, car ils estiment ne pas être en mesure d'atteindre leurs objectifs.