Un jeune conducteur de 19 ans est blessé gravement après avoir percuté un poteau électrique sur la route 169 à Saint-Prime.

Les policiers de la SQ en guerre contre un site Internet jugé diffamatoire

Les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) répliquent à la diffamation dont ils considèrent être victimes sur Internet. Leur syndicat vient en effet de déposer une requête en injonction afin que le tribunal ordonne à deux Montréalais de cesser l'exploitation de leurs sites Internet et de verser 75 000 $ à titre de dommages punitifs.
Les défendeurs, André Boies et Mélany Gauthier, exploitent les sites sq-surete.com et sqsurete.com, dont les contenus portant sur des agents de la SQ sont identiques. Les deux personnes habitant à la même adresse ajoutent leurs propres commentaires aux informations concernant les policiers. Ces informations apparaissent dans des extraits d'articles, des articles intégraux ou des vidéos.
Selon l'Association des policières et policiers provinciaux, le site est diffamatoire pour trois raisons. D'abord en raison des mots et expressions SQ Sûreté c'est assez, Parjure, Intimidation, Violence et Corruption qui apparaissent dans l'en-tête de toutes les pages. «Ces mots n'ont pour but que de ternir de façon tout à fait gratuite la réputation de tous les policiers concernés par les articles ou les vidéos», considère la demanderesse.
Omission d'informations
De plus, allègue cette dernière, les auteurs omettent de diffuser certaines informations qui pourraient servir de contrepoids à l'information diffusée. Il appert en effet qu'au début de mars, dans au moins 29 des dossiers déontologiques traités sur le site, les auteurs auraient omis de mentionner que des acquittements avaient été prononcés à la suite d'appels de jugements de première instance. De plus, ajoute la demanderesse, dans au moins 73 dossiers traités sur le site, «des excuses avaient été accordées» aux policiers sans qu'on en fasse mention.
La troisième raison invoquée pour prétendre que le site est diffamatoire concerne les commentaires péjoratifs qu'y insèrent ses auteurs en insinuant régulièrement que «tout ce qui entoure les policiers est nécessairement corrompu et malhonnête».
En somme, d'estimer le syndicat des agents de la SQ, le but des défendeurs n'est pas d'informer le public, mais bien d'entacher la réputation de ses membres.
Dans sa requête déposée en Cour supérieure, au palais de justice de Québec, la demanderesse mentionne avoir expédié deux mises en demeure aux défendeurs. On leur aurait entre autres souligné que toute l'information qu'ils veulent traiter est déjà accessible, de façon complète et neutre, sur un site Internet du gouvernement du Québec. Chaque fois, ils auraient répondu qu'ils étaient satisfaits de déranger et qu'ils n'avaient nullement l'intention de corriger quoi que ce soit, niant que leur site soit diffamatoire.