Éliane Laberge

Les partis échouent au questionnaire des fédérations étudiantes

Déjà déçues d'assister à une campagne électorale peu axée sur l'éducation, des fédérations étudiantes déplorent désormais le manque de sérieux des partis politiques ayant plus ou moins répondu à leur questionnaire de campagne.
La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) et la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ) ont envoyé un questionnaire aux quatre partis représentés à l'Assemblée nationale, afin de mieux connaître leurs positions en matière d'éducation et d'aider leurs membres à faire un choix en vue du vote.
Premier constat : le Parti libéral du Québec (PLQ) boude toujours les fédérations, qui représentent plus de 200 000 jeunes dans la province. «C'est vraiment décevant que les libéraux aient décidé de ne pas répondre. Et c'est pas la première fois», dénonce le président de la FEUQ, Tierry Morel-Laforce.
Samedi, la FEUQ tenait son congrès dans la capitale. Tous les partis se sont pointés pour y discuter éducation - mais pas le PLQ. Le constat est aussi alarmant pour la FECQ. Depuis le lancement de la campagne, la fédération a invité 12 candidats libéraux sur autant de campus collégiaux. Neuf d'entre eux ont refusé de rencontrer les collégiens.
«Pour nous, c'est une inquiétude. Est-ce que la perception vis-à-vis de la jeunesse de la part de ce parti a changé depuis ce qui s'est passé en 2012? Il semblerait qu'il n'y ait pas un grand intérêt à rejoindre les jeunes Québécois...» se questionne la présidente de la FECQ, Éliane Laberge.
Tableau incomplet
Le Parti québécois (PQ), la Coalition avenir Québec (CAQ) et Québec solidaire ont tout de même participé au sondage. Le Soleil a obtenu leurs réponses, et force est de constater que le tableau n'est pas complet.
La CAQ a refusé de répondre à 16 des 21 questions. «À la Coalition avenir Québec, il y a peut-être un manque de contenu par rapport à certains enjeux sur le réseau de l'enseignement supérieur», en déduit Éliane Laberge.
Le PQ a répondu sur tous les points, mais en mettant l'accent sur son séjour au gouvernement. «C'est surtout un bilan de leur dernier mandat. Il y a très peu d'engagements. On poursuit un projet, on utilise certains forums, mais il n'y a pas vraiment d'engagement clair», analyse Tierry Morel-Laforce, de la FEUQ.
Éliane Laberge a également constaté que Québec solidaire avait peu de positions concernant le réseau collégial. «Ça nous inquiète, parce que le réseau collégial va vivre une décennie assez difficile. Dans 10 ans, on devrait perdre à peu près 28 000 étudiants dans notre réseau.»
Les deux fédérations demeurent persuadées que l'outil, publié ce matin sur leurs sites Web, aidera les jeunes électeurs à se faire une tête. Ils auraient tout de même aimé offrir plus de matière à méditer aux étudiants collégiaux et universitaires. «C'est le reflet de la campagne...» résume Tierry Morel-Laforce.