L'altes Museum, qui fait partie du complexe de l'Île aux musées, héberge les collections d'antiquités grecques et romaines dont certaines pièces feront le voyage vers Québec.

Les maîtres de l'Olympe: des trésors d'Athènes-sur-Spree à Québec

Après Rome et Paris, les Musées de la civilisation (MCQ) s'affairent à amener à Québec les trésors d'Athènes-sur-Spree... Athènes-sur-Spree? Berlin serait plus précis. Si la capitale de l'Allemagne a porté ce surnom au 19e siècle, c'est à cause de l'affection marquée des Berlinois pour l'antiquité grecque. Non seulement ce penchant aura eu des répercussions sur l'architecture de la ville, mais aussi sur le développement d'importantes collections d'artefacts hérités de l'époque, dont plus de 160 seront exposés au MCQ dès le 23 avril.
<p>Les bijoux font partie des objets exposés qui permettent de comprendre la mythologie des dieux grecs.</p>
L'exposition Les maîtres de l'Olympe plongera les visiteurs au coeur de la mythologie gréco-romaine, où les Zeus, Athéna, Poséidon, Apollon et autres seront à l'honneur. Tous les bronzes, marbres et autres terres cuites proviennent d'une seule et même collection, celle du Musée des antiquités de Berlin, l'Antikensammlung. Une collection encyclopédique complète qui «représente l'antiquité classique sous presque toutes ses facettes», soutient Andreas Scholl, directeur du Musée, que Le Soleil a pu rencontrer à Berlin en compagnie d'autres journalistes invités par le MCQ.
L'histoire de cette collection, intriquée à celle de Berlin même, est fascinante. Pourquoi autant d'objets de l'antiquité gréco-romaine se sont-ils retrouvés en Allemagne? Tout commence au milieu du 18e siècle, quand le roi de Prusse se met à meubler ses palais de la région actuelle de Berlin avec des objets anciens.
«Il a acheté des collections entières d'antiquités», raconte Andreas Scholl.
En 1830, en plein siècle des Lumières, l'Altes Museum ouvre ses portes, devenant le premier musée public d'Allemagne. Les palais sont vidés de leurs oeuvres pour que les citoyens puissent en profiter. En 1871, l'Allemagne s'unifie et Berlin devient une capitale et un pôle de développement culturel majeur. Les Allemands se lancent dans de grandes campagnes d'excavations archéologiques en Asie Mineure et dans la région de l'Olympe, entre autres. Ils rapporteront (légalement, il faut le préciser) une quantité impressionnante d'artefacts.
«Mais les deux Guerres mondiales successives auront une importance capitale dans la suite des choses», précise Andreas Scholl.
Quand l'Allemagne perd la Deuxième Guerre mondiale, sa collection est séparée en deux. La Russie trouve une partie de la collection et la rapatrie à Moscou, mais finira par la remettre à l'Allemagne de l'Est en 1958. La division entre Allemagne de l'Est et Allemagne de l'Ouest et la réunification en 1989 pose encore des problèmes fréquents pour les conservateurs issus des deux côtés de l'ancienne frontière, à cause de nombreux objets perdus et de la destruction partielle des musées de Berlin durant les deux guerres.
«Mais après plus de 100 ans où la ville a été marquée par catastrophe après catastrophe, nous sommes la première génération à pouvoir travailler ensemble sur cette collection unique», analyse Andreas Scholl. Et à pouvoir la faire voyager à travers le monde.
Les frais de ce voyage sont assumés par les Musées de la civilisation de Québec.
******************
Athéna et Zeus à Québec
Il a été possible lundi de visiter les expositions d'antiquités de l'Altes Museum en compagnie de la commissaire Agnes Schwarzmaier, question d'avoir un aperçu du genre de pièces qui seront présentées en primeur nord-américaine à Québec, le mois prochain.
La collection de l'Altes Museum est impressionnante, et le corpus qui voyagera au Canada a déjà passé par le Brésil et dans certaines villes européennes. Vases antiques extrêmement bien préservés, sculptures de marbres presque intactes, bas-reliefs, poterie, bijoux... Tous les objets choisis permettront de mieux comprendre la mythologie des dieux grecs.
Le Musée de la civilisation (MCQ) a choisi de créer un design d'exposition qui s'éloigne du classicisme allemand pour vraiment permettre aux Québécois de comprendre cet univers qui ne leur est pas nécessairement familier, a expliqué Thérèse Beaudoin, chargée de projet au MCQ, qui accompagne les journalistes à Berlin.
L'exposition sera construite autour des principales divinités, et parlera des relations entre humains et dieux, et des rituels leur étant consacrés. Il sera aussi question du théâtre grec. Les visiteurs seront accompagnés en audioguide par les poètes Homère et Hésiode.