Le Canada a envoyé 221 athlètes à Sotchi - son plus important contingent pour des Jeux d'hiver -, bien que certains d'entre eux n'ont pas assisté à la cérémonie d'ouverture pour ménager leurs forces.

Les jeux de Poutine ouverts

Les Jeux olympiques de Vladimir Poutine sont ouverts. Devant le reste du monde, le président de la Russie a assisté avec fierté à une chaleureuse cérémonie d'ouverture totalement à l'opposé de l'image qu'il dégage. Pour les deux prochaines semaines, il sera toutefois éclipsé par les athlètes, qui sont les véritables seigneurs des anneaux!
<p>Une image diffusée pendant la cérémonie d'ouverture, où des chevaux tirent le soleil</p>
<p>Des feux d'artifice ont illuminé le stade olympique Fisht, à Sotchi</p>
Le spectacle présenté au stade Fisht, en bordure de la mer Noire, n'avait pas pour but de faire de la propagande pour le président, qui n'a prononcé qu'une courte phrase symbolique parlant... d'ouverture.
Depuis qu'il a mis en marche ce projet de 50 milliards $ qui deviendra son héritage, on ne parlait que de lui et de sa façon de diriger le pays. Accompagné entre autres du président de la Chine, du secrétaire général de l'ONU et du président de l'Ukraine en crise, le tsar russe a quand même dû se mordre les lèvres à l'écoute du discours du nouveau président du Comité international olympique, Thomas Bach, héros obscur de cette soirée réussie.
«Oui, il est possible - même comme adversaires - de vivre ensemble sous le toit de l'harmonie, dans la tolérance et sans aucune forme de discrimination, peu importe laquelle. Les Jeux olympiques servent toujours à construire des ponts pour rassembler les peuples et non pas à ériger des murs entre eux. Il s'agit d'un festival sportif qui embrasse la diversité humaine. Je dis donc aux leaders politiques : merci de supporter les athlètes, ils sont les meilleurs ambassadeurs de vos pays; respectez leur message de bonne volonté, de tolérance, d'excellence et de paix; ayez le courage de discuter de vos désaccords d'une façon directe, mais paisible, et non pas en le faisant sur le dos de ces athlètes», a lancé le patron du CIO en s'adressant par la bande à l'hôte de la prochaine quinzaine.
Déjà, ces Jeux ont battu des records avec la participation de 88 nations et la présence de 44 chefs d'États, une bien mince consolation puisque plusieurs dirigeants occidentaux brillaient par leur absence, comme ceux des États-Unis, de l'Allemagne, de la France et du Canada. Au cours de la cérémonie, le premier ministre Stephen Harper a écrit sur son fil Tweeter qu'il souhaitait «la meilleure des chances à nos olympiens au moment où ils s'apprêtent à affronter le monde».
Les athlètes ont défilé sous une musique dynamique avant d'assister à un élégant ballet retraçant l'odyssée russe, découpée en quatre époques : l'ère médiévale, l'empire du tsar Pierre Le Grand, la révolution bolchévique et l'arrivée de la nouvelle Russie.
Juste avant, les athlètes ont défilé derrière leur drapeau. Celui du Canada, bien accueilli par la foule, était tenu par la hockeyeuse Hayley Wickenheiser. La région de Québec misait sur deux porte-étendards, soit le skieur de Charlesbourg Adam Lamhamedi pour le Maroc et la fondeuse/biathlète brésilienne Jacqueline Mourao, qui partage sa vie avec Guido Visser, de Saint-Ferréol-les-Neiges.
La joueuse de tennis Maria Sharapova est apparue dans le stade avec la flamme, mais c'est l'ancien gardien de but de l'Armée rouge Vladislav Tretiak, accompagné de la patineuse artistique Irina Rodnina, qui a eu l'honneur d'allumer la vasque olympique, vasque ressemblant étrangement à la tour du stade olympique de Montréal.
Pendant que le stade de 40 000 places s'illuminait, la vie poursuivait son cours à l'extérieur. En Turquie, juste de l'autre côté de la mer Noire, un avion se posait d'urgence avec à son bord un passager ukrainien qui cherchait à le détourner vers Sotchi en prétextant faire exploser une bombe pour apprendre, en bout de piste, qu'il ne s'agissait que d'un type en état d'ébriété. À Saint-Pétersbourg, la deuxième plus grande ville de Russie, quatre manifestants d'un groupe de défense des droits des minorités sexuelles étaient arrêtés par la police.
Si Vladimir Poutine n'est plus le point de mire pendant les Jeux, il aura bien le temps de se reprendre quand tout reviendra à la normale.