Il ne s'agit pas d'une attaque frontale contre la jeunesse, mais bien d'un constat sur la transmission des valeurs entre les générations, assure François Legault.

Les jeunes et «la belle vie»: Legault persiste et signe

Si les jeunes n'aspirent qu'à faire «la belle vie», il faut blâmer leurs parents, qui ne leur ont pas inculqué une culture de l'effort et du dépassement de soi, estime François Legault.
Le chef caquiste ne regrette en rien ses propos de lundi sur la nécessité pour les jeunes de travailler plus fort. Autrement, selon lui, le Québec peinera à préserver ses programmes sociaux et à faire face à la concurrence étrangère.
«Je persiste et je signe, a-t-il affirmé en point de presse, mardi. Actuellement au Québec, on ne valorise pas assez l'éducation et l'effort. [...] Il faut avoir des jeunes qui font des efforts, qui vont au bout de leurs rêves, qui ont de l'ambition.»
Il ne s'agit pas d'une attaque contre la jeunesse, mais bien d'un constat sur la transmission des valeurs entre les générations, soutient M. Legault.
«Ce n'est pas un blâme à l'égard des jeunes, dit le chef caquiste. C'est un blâme à l'égard des valeurs que nous, comme parents, on transmet à nos jeunes. Il faut davantage transmettre à nos jeunes des valeurs d'effort et de dépassement de soi.»
L'exemple d'immigrants qui viennent au Québec et travaillent d'arrache-pied pour offrir à leurs enfants la meilleure éducation devrait nous inspirer, croit le leader caquiste.
«Quand je vois dans les écoles juives au Québec un taux de décrochage inférieur à 1%..., remarque-t-il. Les Asiatiques, vos enfants vont vous le dire, c'est toujours les premiers de classe. Un de mes fils me disait: "Oui, mais ils ont pas de vie." Il y a peut-être un extrême d'un côté, mais on est un peu, dans certains cas, à l'autre extrême.»
Il n'est pas possible de maintenir les meilleurs programmes sociaux au pays avec la dette la plus lourde et un revenu moyen plus bas qu'ailleurs, poursuit le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ). «À un moment donné, il faut être réaliste, dit-il. Ça ne balance pas à moyen terme.»
De lourds préjugés, rétorque Charest
À Québec, Jean Charest a sauté sur la déclaration pour faire de nouveau du leader caquiste sa principale cible. De sa part, «c'est une façon de raisonner qui s'appuie sur des préjugés, a signifié le chef du Parti libéral. Dans le cas des jeunes, je suis étonné qu'il se prête à ce genre de raisonnement.
«Le peuple québécois est travaillant et les jeunes le sont également, a dit M. Charest. [...] En octobre 2011, rappelez-vous de ce qu'il a dit des jeunes au cégep que "c'était une maudite belle place pour apprendre à fumer la drogue". Ça me dépasse qu'il ne soit pas plus évolué que ça.»
Sans le dire, Jean Charest a confirmé M. Legault comme le premier adversaire à abattre. Après lui avoir accolé l'étiquette de «comptable qui ne sait pas compter», après l'avoir accusé de se contredire constamment, le libéral a martelé que le caquiste «n'est pas fiable».
Le Parti libéral du Québec a d'ailleurs lancé mardi deux nouvelles publicités pour dénoncer ses adversaires péquiste et caquiste. Celle qui vise la CAQ décrit M. Legault comme un homme de contradictions, un homme «pas fiable». La chef péquiste, elle, est dépeinte comme obsédée par l'idée référendaire.
Pauline Marois, qui a arboré le carré rouge au printemps en soutien aux étudiants, ne partage «absolument pas» le point de vue de François Legault sur les jeunes. Au cours des derniers mois, ils ont su démontrer qu'ils étaient capables d'exprimer leur point de vue et de défendre leurs convictions, a soutenu la chef du Parti québécois.
«Quand je vois nos jeunes qui, partout, dans toutes les sphères d'activité, réussissent, brillent par leur talent, par leur intelligence, ça ne m'inquiète pas pour la suite des choses», a-t-elle renchéri.
Avec Michel Corbeil et Annie Mathieu