Les grandes chaleurs est un classique du théâtre d'été québécois. La tâche de faire vivre au grand écran cette relation hors norme a été confiée aux comédiens Marie-Thérèse Fortin et François Arnaud (devant avec Sophie Lorain et Michel Marc Bouchard), François Létourneau et Véronique Beaudet (derrière). Marie Brassard, Yvan Benoît et Jeff Boudreau complètent la distribution.

Les grandes chaleurs: l'alignement des astres

Sophie Lorain n'a pas choisi Les grandes chaleurs. «C'est un peu le film qui m'a choisie», nuance la populaire comédienne lorsqu'on lui demande ce qui l'a amenée à tenter sa chance à la réalisation.
De fait, l'adaptation de la pièce de Michel Marc Bouchard au grand écran était déjà en chantier lorsqu'on a offert à Sophie Lorain l'occasion de se joindre à l'équipe réunie par le Groupe Vélocité, une boîte de production de Québec. «Michel Marc avait manifesté son désir de travailler avec une femme, explique l'heureuse élue. Le propos m'intéressait, et j'avais envie de faire un long métrage.» Bref, les astres étaient trop parfaitement alignés pour qu'elle refuse l'invitation.
Les grandes chaleurs, un classique du théâtre d'été québécois, raconte l'amour qui, de façon inattendue, naît entre Gisèle, travailleuse sociale et veuve au début de la cinquantaine, et Yannick, un ex-client de plus de 30 ans son cadet. La tâche de faire vivre au grand écran cette relation hors norme a été confiée aux comédiens Marie-Thérèse Fortin et François Arnaud. Marie Brassard, Yvan Benoît, François Létourneau, Véronique Beaudet et Jeff Boudreau complètent une distribution dont la composition se révèle pour le moins originale et rafraîchissante.
Michel Marc Bouchard et Sophie Lorain ont mis trois ans et demi à accoucher du film. «Ce qui m'y intéressait le plus, constate la réalisatrice, c'est le fait que Gisèle est porteuse des préjugés qu'on cultive tous à l'égard d'une relation entre une femme plus vieille et un homme plus jeune. C'est de voir ce p'tit gars-là, qui a décidé qu'il allait se la chercher envers et contre tous, et de voir Gisèle, placée dans une situation fragile parce qu'elle vient de perdre son mari et qu'elle apprend que celui-ci la trompait depuis 20 ans, décider subitement de sauter la clôture.»
En étroite collaboration avec Alexis Durand-Brault, le directeur photo, Sophie Lorain a préparé soigneusement toutes les étapes d'un tournage qui, souligne-t-elle, n'a laissé que très peu de place à l'imprévu. Les plans de caméra ont été discutés à l'avance dans le moindre détail. Résultat : l'image, composée avec soin, parle énormément.
Habillage musical
De nouveaux arrangements de vieux succès populaires comme le Donne, donne de Nanette Workman, le Loin de la ville de Boule noire, ou encore le classique disco Love Is in the Air de John Paul Young, se succèdent dans une trame musicale plutôt bien garnie signée Dazmo. «J'ai choisi des musiques et des chansons qui datent de l'époque de la jeunesse de Gisèle et je les ai fait retravailler dans l'esprit qui correspond à l'âge de Yannick, fait valoir la réalisatrice. J'ai voulu faire un pont entre les deux générations avec des tounes qui ont un rapport avec l'inconscient collectif de ces années-là.»
Québec et Lévis en toile de fond
Sophie Lorain a également insisté pour tourner Les grandes chaleurs à Québec. Son souhait étant d'en faire pour son film ce que Harrington Harbour a été à La grande séduction.
Lévis, qui sert de cadre à l'une des plus mémorables scènes, est également en vedette. Le fleuve Saint-Laurent devient par ailleurs le symbole de la distance qui sépare les deux personnages. L'aspect métaphorique plaisait à Sophie Lorain. «J'aimais le fait que chacun se trouve sur une rive différente et que chacun doive faire un effort pour se rejoindre.»
Au cours de l'entrevue réalisée cette semaine sur l'un des navires de la traverse Québec-Lévis, le hasard a voulu qu'apparaisse subitement devant nous une superbe vue de la vieille ville dominée par le château. «Pour une comédie romantique, y a-t-il un plus beau lieu?» s'est demandé Sophie Lorain. L'évidence, c'est le cas de le dire, sautait aux yeux. On se serait cru dans un film.
Un tournage heureux
Diriger Marie-Thérèse Fortin et François Arnaud, la première de 30 ans l'aînée de l'autre, s'est révélé un défi relativement facile à relever pour la réalisatrice Sophie Lorain, assure cette dernière. «Ils avaient tous les deux les qualités nécessaires pour jouer leur rôle. Marie-Thérèse est une femme de théâtre et François est issu lui aussi de ce milieu. Le métier les unit au-delà de l'écart d'expérience et de vécu. Ils étaient capables de passer par-dessus ça.» Marie-Thérèse Fortin a de toute évidence apprécié jouer sous la direction de Sophie Lorain. «Son métier de comédienne facilitait le travail. On pouvait lire ce qu'elle voulait à travers son corps. C'est une fille très claire, très bien préparée. Je n'ai jamais senti que c'était son premier film.» Michel Marc Bouchard en rajoute. «Ça a été un tournage de bonheur. J'ai passé 22 jours sur le plateau, pas pour contrôler ou pour surveiller. Juste pour faire partie de la fête.»