Le bistro Les Fistons est une belle adresse pour snacker sans hypothéquer le condo.

Les Fistons: les fils de la place!

Pour qu'un tissu urbain ou dortoir prétende à la sacro-sainte «vie de quartier», deux commerces s'imposent : un boulanger pour les croissants du samedi et un bistro pour snacker sans hypothéquer le condo. Limoilou est béni. Il a Les Fistons.
Jamais plus tu ne réserveras pas! Vendredi midi dernier, c'est la promesse que je me suis faite... et que je ne tiendrai probablement pas. Les Fistons affichaient plus que complet. Seules deux places au bar dans un courant d'air nous attendaient. L'offre était finale. L'envie d'un shish-taouk l'emportait sur le va-et-vient glacial. Et le pire, c'est que je ne l'ai pas mangé mon shish! Ce trop-plein de popularité a obligé «les fistons» à décréter le menu du jour obligatoire pour tous. Enfin presque. Mon oeil de lynx a aperçu du papier d'alu - l'habit du sandwich libanais - dans l'une des assiettes d'une table voisine. Assez pour l'inquisition!
Faute de shish ou de burger, je me replie sur la salade d'épinards et ma jeune retraitée de mère sur le potage de navet et poireaux. Un très bon potage, dois-je préciser, où la carotte sucre ce liquide suave, voire caramélisé. Deux croûtons y jouent les joyeux naufragés. Très pain, j'y trempe une pointe de pita séché, le croûton d'office de la maison. Ma salade n'a rien de la verdurette «plate». Surmontant les feuilles énergétiques de Popeye - touillées avec une vinaigrette très légèrement citronnée -, des tomates cerises introduisent de la couleur et du jus frais lorsque les canines les transpercent. Un peu de prosciutto émincé à la pointe du couteau et du parmesan italianisent un premier service apéritif. Seules les noix de pin promises (sur l'ardoise) sont introuvables. Un oubli.
«Dans le jus», les serveurs ne perdent pas leur humeur au change. Le nôtre, qui fait du «les filles» - ma mère est ravie -, ne tarde pas à nous livrer un plat de linguines saumon et morue et une pizza calabrese. Calabrese, c'est le nom de famille du saucisson italien piquant découpé en bâtonnets étalés sur ma pizza. Uniformément cuite avec une croûte craquante, la pâte a été nappée d'une sauce tomate qui me rejoint en raison de l'aplomb de sa consistance de quasi-pâte pomodoro. On est loin de la sauce sans corps, à la limite aqueuse. Toutefois, ce n'est pas un motif pour forcer la note. L'autre pizza du jour me passe sous les yeux. Je vois qu'on l'a gratifiée de roquette. J'en aurais fait de même pour la mienne avec un extra d'oignon rouge. Mis à part ce caprice, je dirais que Les Fistons font de la pizza qui mérite mention, notamment pour la croûte. Je vous reviens d'ailleurs avec un spécial «pizz» très, très bientôt.
Équilibre des pâtes
Souvent les pâtes à la crème sont très capiteuses, grasses même. Entendons-nous, celles-là ne sont pas l'incarnation d'un plat diète, mais l'équilibre des ingrédients s'avère indiscutable. D'où une sauce (avec de l'aneth) qui enduit les linguines al dente sans les noyer sous une vague de Béchamel toquante. Claire n'a pas à jouer les archéologues pour mettre au jour les poissons détaillés en petits morceaux. Fort bon et très chaud, tel est le verdict maternel. Je l'appuie.
En portière d'un jour, si j'avais à mesurer la popularité de ce resto de quartier au nombre de dîneurs partis bredouilles (en plus des «chanceux»), je dirais que Les Fistons comptent plusieurs amis, des vrais, pas Facebook!
<p>Poutine a la joue de boeuf, fromage Perron et frites de patates douces</p>
Au menu
Les Fistons, 601, 3e Avenue, Québec; Tél. : 418 977-9239
- Cuisine pizza, burger et shish-taouk
- Ouvert tous les jours
- Petit-déjeuner la fin de semaine
- Menu du jour (lundi au vendredi) de 13 $ à 16 $
- Entrées de 3,50 $ à 8 $
- Pizzas de 13 $ à 16 $
- Burgers de 13 $ à 15 $
- Plats bistro (avec tartares) de 8 $ à 17 $
- Coût de l'addition pour deux avant taxes et service : 29 $ (incluant deux tables d'hôte du midi avec entrée, plat et les boissons chaudes)
- Stationnement : dans la rue
- On aime : des burgers, des pizzas et quelques plats bistros qui ne se prennent pas pour d'autres. Un service en mode gars, c'est-à-dire direct et rapide.
- On n'aime pas : fantasmer en vain sur un shish-taouk non consommé. Sauf que l'initiative d'imposer un menu alors que le resto est plein traduit un bon sens des priorités : sortir les assiettes!