Le manque d'effectif chez Postes Canada provoquerait un retard dans la livraison du courrier, selon le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes.

Les facteurs se disent peu pour suffire à la tâche, Postes Canada nie

Vous ne recevez pas toujours votre courrier dans les délais prescrits par le gouvernement canadien, certifie le Syndicat des travailleurs et travailleuses des postes (STTP). Vos lettres poireauteraient parfois dans un sac, à l'entrepôt, faute d'un facteur disponible pour les livrer jusqu'à votre domicile. Postes Canada nie.
«Ils ont l'obligation, d'après la loi, de livrer tout le courrier à tous les jours», balance Dominique Aylwin, un des représentants du STTP sur le territoire québécois. Certains jours, le personnel en place ne suffit pas à la tâche, assure-t-il. «Il y a des routes qui, totalement ou partiellement, ne sont pas sorties. Ça se voit un peu partout au pays.» Une route, c'est le trajet qu'un facteur doit effectuer pour livrer son courrier.
Du courrier qui ne sort pas?
À qui la faute? Le personnel est réduit, et le taux d'absentéisme est élevé, selon le syndicaliste. «Surtout avec l'hiver qu'on connaît, les gens sont vraiment épuisés.» Cela obligerait Postes Canada à imposer des heures supplémentaires aux employés présents. Mais ceux-ci ne réussissent pas toujours à vider les sacs de leurs collègues absents, dit-il.
Dans la région de la capitale aussi? «C'est arrivé à plusieurs occasions au cours de l'hiver», garantit M. Aylwin.
Le président de la section locale du STTP, Alain Ferland, abonde. «Il y a des jours qu'il y a du courrier qui ne sort pas. C'est parce que l'employeur n'a pas d'effectif. Des fois, l'employeur est à court de personnel, avance-t-il. C'est un problème pas juste à Québec, c'est un problème national.»
Postes Canada réfute les allégations. «Je ne sais pas d'où cette rumeur vient, puisque nos gens livrent le courrier quotidiennement sans problème - ce, malgré cet hiver interminable», répond par courriel la directrice des relations avec les médias, Anick Losier. «Il y a eu quelques exceptions au début du mois de janvier quand il a fait hyper froid (par mesure de sécurité, nos gens revenaient au bureau, car il faisait trop froid), mais on me confirme que ce n'est certes pas le cas en ce moment. Si un client pense avoir un problème de livraison, je l'encourage à nous en faire part à travers notre service à la clientèle pour qu'on puisse enquêter le tout.»
Le représentant syndical Dominique Aylwin se demande bien comment le client pourrait dénoncer que ses lettres, magazines et cahiers publicitaires dorment dans un sac en attendant d'être livrés. «C'est difficile pour la population de le savoir.»
Le spectre des coupes
Vendredi, le STTP de la région de Québec avait convoqué les médias locaux. Il invite la population à exiger un service adéquat. Et à critiquer le plan de restructuration de cinq ans lancé en décembre par Postes Canada. Celui-ci sonne la fin de la livraison du courrier aux portes. Quelques centaines de postes seraient dès lors abolis à Québec.
Pour l'instant, l'entreprise a dévoilé les noms de cinq municipalités du Québec où le courrier ne sera plus livré aux domiciles. Québec ne figure pas sur la liste, convient Alain Robitaille, coordonnateur de la campagne Sauvons Postes Canada. «Mais, on sait que le plan de Postes Canada va s'implanter rapidement.» Quand? «On est dans le néant total.»
«On est devant une démarche qui sent l'improvisation à plein nez», déplore le député Denis Blanchette, porte-parole du Nouveau Parti démocratique pour la région de Québec. En haussant le prix du timbre qui coûtera 1 $ dès le 1er avril et en diminuant les services, Postes Canada accélérera sa perte, évalue-t-il. «Ils sont en train de détruire leur propre marché.» L'élu demande donc l'appui des électeurs pour forcer la main du gouvernement, pour forcer l'étude d'un nouveau plan de sauvetage du service postal qui inclurait l'offre de services bancaires dans les bureaux de poste. «Il est encore temps de faire la bonne chose.»