La juge Rena Émond de la Cour du Québec a condamné Jacques Rancourt à payer une amende de 700 000$ et Guylain Pelletier à verser 300 000$.

Les ex-dirigeants de Nemo condamnés à des amendes salées

Triste fin pour l'entreprise québécoise de véhicules électriques Nemo; ses dirigeants sont condamnés à payer des amendes de 700 000$ et 300 000$ pour avoir fait des placements illégaux.
Alors que leur procès devait s'amorcer au palais de justice de Québec, Jacques Rancourt, ex-pdg, et Guylain Pelletier, ex-président, ont choisi de plaider coupable aux accusations portées contre eux après une enquête de l'Autorité des marchés financiers (AMF).
Jacques Rancourt, de Saint-Georges, a plaidé coupable à 56 des 106 accusations dont les principales sont d'avoir fait du placement illégal et d'avoir agi comme courtier en valeurs mobilières sans en avoir le titre. L'ex-entrepreneur a aussi reconnu avoir laissé entendre, pour mousser l'intérêt des investisseurs, que Véhicules Nemo serait bientôt cotée en Bourse. Il a aussi contrevenu à un engagement pris avec l'AMF en continuant à émettre des titres alors que cela lui était interdit.
Guylain Pelletier, qui a été secrétaire, président et trésorier de l'entreprise entre 2005 et 2008, a lui plaidé coupable à 21 infractions de placement illégal.
La juge Rena Émond de la Cour du Québec a condamné Jacques Rancourt à payer une amende de 700 000$ et Guylain Pelletier à verser 300 000$.
Ces amendes, qui ont fait l'objet d'un règlement entre les parties, sont près de trois fois plus élevées que la peine minimale en raison de la gravité du cas, a plaidé Me Éric Blais, pour l'AMF.
Au total, 27 investisseurs ont perdu 420 000$ et ont vu s'envoler des promesses de revenus de 4 millions $.
Les deux dirigeants de Nemo ont affirmé avoir encaissé des pertes financières de 500 000$ dans le cas de Jacques Rancourt et de un million $ dans le cas de Guylain Pelletier.
Le porte-parole de l'AMF, Sylvain Théberge précise que même si l'entreprise Nemo était tout à fait légitime, pour avoir le droit de vendre des actions, Jacques Rancourt aurait dû être inscrit comme courtier en valeur mobilière et remettre à ses investisseurs un prospectus en bonne et due forme.
Sur les routes du Québec
Dans le cadre d'un projet-pilote en 2008, les véhicules électriques Nemo avaient reçu l'autorisation du gouvernement du Québec de rouler sur les routes où la limite de vitesse n'excède pas 50 km/h.
L'entreprise Véhicules Nemo, installée à Sainte-Thérèse près de Montréal, disait construire un camion urbain 100 % électrique capable de transporter plus de 1000 lb de charge utile et doté d'une autonomie de 115 km. Le prix de vente d'un camion était d'environ 25 000$.
À cette époque, en entrevue au Soleil, le directeur général de Nemo, Jacques Rancourt, anticipait des commandes pour 700 à 1000 camionnettes électriques pour la fin 2008.
L'entreprises disait avoir vendu deux fourgons de livraison aux services de l'Assemblée nationale et à la Coopérative universitaire Zone et deux autres à la Ville de Rimouski et à l'administration du parc Forillon.