Les évitants sont facilement éreintés par les relations interpersonnelles et ont besoin de périodes de solitude pour régénérer leur énergie.

Les évitants

Les «évitants» partagent avec les narcissiques la crainte d'être exposés à la honte. Mais, contrairement aux narcissiques qui s'avancent dans la mêlée de façon extravertie en donnant l'impression d'être meilleurs que les autres, les évitants choisissent plutôt de se cacher le plus possible. C'est le genre de personnes qui restent silencieuses dans un groupe, très mal à l'aise de s'exprimer, à moins d'être bien entourées de leurs proches.
Les évitants bien éduqués et scolarisés passent souvent inaperçus à quiconque n'est pas familier avec cette sorte de personnalité dysfonctionnelle. Ils peuvent en effet afficher un savoir-faire correct en public et paraître tout à fait adéquats. Cependant, ces grands timides sont grugés de l'intérieur par leurs rencontres interpersonnelles d'une journée normale. Les contacts humains leur drainent une énergie folle. Tellement, qu'ils oscillent entre des périodes de relations interpersonnelles et des périodes de solitude pour régénérer leur énergie. On en trouve souvent devant leur ordinateur tard le soir, car ils se reposent de la présence du genre humain. Certains évitants rêvent même de rupture conjugale juste pour jouir de la solitude parce que, justement, le contact permanent du conjoint leur demande trop d'effort.
Selon le DSM, les évitants fuient les activités qui impliquent des contacts importants avec les autres par crainte d'être critiqués, désapprouvés et rejetés. Ils s'impliquent avec quelqu'un à la condition d'être certains d'être aimés. Même dans leurs relations intimes, ils sont réservés par crainte d'être exposés à la honte ou au ridicule. Dans leurs nouvelles rencontres interpersonnelles, ils sont inhibés à cause du sentiment de ne pas être à la hauteur. Ils peuvent se percevoir comme incompétents, sans attrait ou inférieurs aux autres. Il va de soi qu'ils sont particulièrement réticents à prendre des risques personnels et à s'engager dans de nouvelles activités pour éviter les embarras.
Contacts sociaux
La critique et la désapprobation blessent facilement les évitants. Bien souvent, ils n'ont pas d'amis proches ou de confidents. S'ils restent réservés dans leurs contacts sociaux, c'est par peur de dire des choses inadaptées ou stupides ou d'être incapables de répondre à des questions. Typiquement, ils ont peur de rougir devant d'autres personnes et ils en font tout un plat. La transparence de leurs émotions ainsi révélées contre leur gré les met dans tous leurs états. Ils peuvent aussi avoir peur de montrer des signes d'anxiété sans le vouloir ou de se mettre à pleurer devant des gens qui les jugeraient alors comme faibles.
Bien que leur désir d'affection et d'acceptation soit grand, ils se restreignent dans les contacts interpersonnels à cause de leur peur du rejet et du ridicule. La différence avec les schizoïdes, c'est que ceux-ci sont indifférents aux personnes, tandis que les évitants meurent d'envie de faire partie du groupe tout en se restreignant pour se protéger contre les blessures appréhendées.
Par ailleurs, même s'ils ont tendance à se réfugier auprès de leur famille immédiate en évitant le plus possible les autres contacts interpersonnels, les évitants gardent une certaine distance même avec leur conjoint. Ils ont peur de l'intimité qui est menaçante pour eux. Même le toucher peut les effrayer. Cela explique parfois la faible libido d'un conjoint dans un couple, qui préfère inconsciemment se tenir sexuellement à distance pour éviter d'approfondir l'intimité amoureuse perçue comme menaçante. Comme les évitants oscillent entre leur besoin d'affection et la peur du rejet, ils développent souvent une espèce d'engourdissement affectif. Évidemment, les conjoints des évitants peuvent souffrir énormément de cette distance émotionnelle et physique.
De grands anxieux
Ce trouble de personnalité peut avoir des répercussions multiples comme l'anxiété, la dépression, l'isolement social, l'alcoolisme, etc. Ces individus consultent beaucoup en psychothérapie et y répondent bien en général. Ce n'est pas par hasard si un grand nombre de livres de psychologie populaire s'adressent précisément à eux, même si ça n'est jamais dit explicitement.
Les évitants sont de grands anxieux, impressionnés par les gens, qui ont avantage à en être conscients et à dépasser leurs limites, ce qui est possible la plupart du temps. La grande erreur des évitants, c'est de chercher à fuir le plus possible les douleurs et les efforts associés aux relations humaines. Ce faisant, ils manquent d'occasions pour développer leurs habiletés sociales et pour remettre en question leurs idées irrationnelles sur la perception des autres à leur sujet. Les évitants doivent absolument s'obliger à sortir de leur zone de confort et à affronter graduellement leurs peurs s'ils veulent s'éloigner de leur torpeur inhibitrice. Ce qui m'impressionne souvent dans leur cas, c'est la différence entre ce qu'ils sont objectivement (de belles et bonnes personnes) et la panique qui les habite au sujet de leur valeur personnelle.