«Dans la mesure où ces discussions-là portent sur des choses intéressantes, touchent les gens, vous allez voir, la ferveur va revenir, le goût de changer les choses va revenir.», a lancé Parizeau sous les applaudissements.

Les espions, Parizeau et l'indépendance

Voulez-vous savoir comment le candidat péquiste dans Rimouski, Harold Lebel, est devenu indépendantiste? L'histoire remonte à plus de 40 ans.
Jacques Parizeau, candidat péquiste à l'époque, était reconnu pour se méfier des espions du gouvernement fédéral. Dans une conversation téléphonique d'octobre 1970, il décrivait au père de Harold Lebel l'état des mouvements populaires de contestation dans l'Est-du-Québec, notamment la colère des curés de la Gaspésie, en ces termes: «Bonjour, Monsieur Lebel. Ce sera court. Est-ce que le lion était dans la brousse hier? La gazelle a parlé. Les antilopes étaient nombreuses.»
Harold Lebel a relaté cette histoire lors de son investiture à Rimouski le 2 mars devant 150 militants péquistes. «Mon père a répondu oui à chacune des questions. Fin de l'appel. Le lion, c'était Pierre DeBané, député fédéral dans la région. La gazelle, c'était le curé Jean-Marc Gendron d'Esprit-Saint. Les antilopes, c'était la population mobilisée par les opérations Dignité.
Jacques Parizeau, par peur de l'écoute électronique, avait choisi de parler en code... Ma mère, par peur, a brûlé l'enregistrement dans le vieux poêle à bois. J'avais huit ans. C'était chez mes parents à Squatec, au moment où s'entremêlaient la lutte nationale et la survivance de nos paroisses que je suis devenu indépendantiste et régionaliste...»