Justine et Chloé Dufour-Lapointe s'offrent un dernier signe d'encouragement avant de récolter l'or et l'argent en ski acrobatique.

Les Dufour-Lapointe, une famille doublement fière

Assister à la montée sur un podium olympique d'un membre de sa famille est déjà un rare moment d'euphorie. Samedi, les Dufour-Lapointe ont doublement explosé de joie et de fierté en voyant leur Justine et leur Chloé remporter l'or et l'argent.
Les familles de Justine, Chloé et Maxime Dufour-Lapointe s'étaient réunies au Centre des congrès de Lévis pour assister à la consécration des deux plus jeunes soeurs, âgées de 19 et 22 ans. Le trio de skieuses est originaire de Montréal, mais leurs premiers commanditaires provenaient de Québec et de Lévis. Ces derniers ont invité une centaine de proches, pour la plupart de Montréal et de Gatineau, à venir vivre dans la région le «moment historique» qu'ils espéraient. De se rassembler dans la capitale était aussi naturel pour les Dufour, puisque la famille de la mère des «3SDL» tire ses origines de Charlevoix.
Lorsque le pointage de Justine a résonné dans la salle du Centre des congrès, le toit a bien failli lever sous les acclamations de sa famille. Il est devenu clair que la cadette remporterait une médaille. Le grand-père maternel, Claude Dufour, n'arrêtait pas de sauter et de serrer tous ceux qui se trouvaient sur son passage.
Quelques minutes plus tard, Chloé complétait une descente presque aussi parfaite que sa soeur. Et les Dufour-Lapointe repassaient par toute la gamme des émotions.
Patrick Dufour, un ex-patineur de vitesse de Québec qui a dû remiser ses patins en 1998, a eu l'impression de vivre son propre rêve de participer aux Jeux olympiques à travers celui de ses nièces.
«C'est comme si c'est moi qui avais gagné. Je suis très fier d'elles», a partagé celui qui avait organisé la réunion familiale. «Deux podiums, c'est le comble. Je suis un peu comme Justine a dit, je réalise pas l'ampleur de tout ça. Je suis content pour eux autres, elles ont tellement travaillé fort», disait-il.
«Sans podium, juste avoir ici la gang qui les suit depuis 10 ans, c'est le summum. Je savais que ce serait un moment historique», a-t-il enchaîné.
La grand-mère maternelle irradiait d'admiration malgré son calme... olympien. «On est vraiment contents, on n'y croit pas. C'est un rêve, mais c'est la réalité en même temps», a illustré Gabrielle Dufour.
La dame native de La Malbaie ne cachait pas qu'elle aurait «espéré une médaille pour les trois, mais déjà deux, c'est beau». Le grand-père Claude Dufour n'était pas peu fier de raconter, les yeux pleins d'eau, qu'il avait souhaité à Noël à ses trois championnes d'«aller en haut» du podium. Maxime, la plus vieille, était «proche», a-t-il estimé, alors que des larmes ruisselaient sur ses joues.
Réussite méritée
«C'est comme trop gros. Aux premiers Jeux de Justine, elle remporte l'or! Ç'a pas de bon sens, a exprimé une tante, Johanne Lapointe. C'est une fierté qui ne s'exprime pas. Mais ça s'est pas fait tout seul non plus, les filles sont d'une discipline à toute épreuve.»
Simone Dufour, une grand-tante qui a vu grandir les athlètes et qui habite toujours «à deux pas» de chez elles à Rivière-des-Prairies, a attribué une part de leur réussite à «leur unité, leur humilité et leur simplicité».
Son conjoint, Gilbert Savard, a bien résumé le parcours de celles qu'il considère comme ses propres filles. «Je les ai bercées les trois. Là, elles sont au sommet du monde.»