Marie-Michèle Gagnon a raté une porte à mi-chemin du parcours du slalom géant, hier. La skieuse de Lac-Etchemin n'a ainsi pu compléter une troisième course en trois épreuves olympiques lors de ces Jeux.

Les doutes de Marie-Michèle Gagnon

Débordante de confiance à son arrivée à Sotchi, Marie-Michèle Gagnon est plongée dans une mer de doutes depuis le début des Jeux. Pour une troisième fois en autant de courses olympiques, la skieuse de Lac-Etchemin n'a pas été en mesure de compléter sa descente, mardi, à l'occasion du slalom géant disputé au Centre alpin Rosa Khutor.
À mi-chemin du parcours, elle a raté une porte pour se retrouver dans la portion «DNF» du classement quotidien remporté par la Slovène Tina Maze devant l'Autrichienne Anna Fenninger et l'Allemande Viktoria Rebensburg. Pour l'instant, son problème est d'ordre psychologique et non pas technique.
Pendant qu'on l'attendait dans la zone mixte des médias, un membre de l'équipe canadienne s'est approché de nous pour qu'on la questionne en vitesse. Visiblement, Marie-Michèle était secouée par la tournure des événements et elle a tout confirmé en l'espace d'une minute et 57 secondes d'entretien.
«Ça fait quatre courses de suite que je sors de piste, j'ai beau travailler là-dessus et essayer d'être forte, je commence à douter. J'ai juste pas skié», disait-elle avant de sauter dans le vif du sujet.
«J'ai beau travailler là-dessus, essayer d'être forte, mais comme tous les sports, le ski alpin se passe dans la tête et en ce moment, le mental n'est pas là», disait-elle en guise d'explication pour sa déveine dès la première manche du slalom géant.
La skieuse de 24 ans avait aussi été disqualifiée dans la section technique du super combiné (lundi dernier), du super-G (samedi) et enfin, du slalom géant (mardi). Avant de s'amener en Russie, elle avait aussi subi le même sort au slalom de Kranjska Gora (Slovénie) en Coupe du monde.
«C'est plate parce que j'avais tellement connu un bon début de saison, constant et solide, je n'avais jamais de doute au départ. Mais là, j'en ai, c'est de la marde! Ce n'est juste pas un bon timing que ça arrive ici. Dans une saison, il y a souvent un creux, mais là, il arrive aux Jeux olympiques», constatait-elle avec rage.
Travailler avec un psy
Avant le rendez-vous des anneaux, elle occupait le neuvième rang au classement général de la Coupe du monde, le quatrième en slalom et le 16e en slalom géant. Forte d'une victoire au super combiné d'Altenmarkt-Zauchensee, le 12 janvier, elle ne pensait pas vivre des Jeux aussi difficiles.
En plus de ses abandons forcés, Gagnon a subi une dislocation de l'épaule en enfourchant une porte dans la manche de slalom du super combiné, la semaine dernière. Une blessure qui ne semble pas l'affecter, pour l'instant.
«Selon moi, non [il n'y a pas de lien avec la blessure], c'est juste les sorties de piste qui sont difficiles à accepter mentalement. J'en ai fait plusieurs en ligne, ç'a commencé à Kranjska Gora et ça s'enfile l'une après l'autre. Je n'avais pas de doute jusqu'à ce que je sois dans le portillon de départ. Je regardais, et ah non! c'était comme si le doute s'en venait à la dernière minute. Et tu ne peux pas le combattre parce que tu ne sais pas que ça arrive.»
Comment se sortir d'une telle impasse à trois jours de la prochaine épreuve, sa dernière des Jeux? «Je vais travailler avec le psychologue un peu, c'est l'aspect mental qui me manque, c'est sûr. Côté ski, je me sens bien, j'ai de bons entraînements. Mais quand le mental lâche, c'est vraiment difficile de revenir», convenait celle qui fera de son mieux pour passer à travers cette épreuve qui n'était pourtant pas à son agenda.
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«Watch out» à Gagnon
À l'instar de sa coéquipière de l'équipe nationale, Marie-Pier Préfontaine n'a pas franchi la première manche du slalom géant, sortant de piste dès le début du parcours, débordant dès le départ après une sortie de portillon tout en vitesse. «Ça aura été une courte descente olympique», disait l'amie de Marie-Michèle Gagnon. Préfontaine n'a pas remarqué que sa compatriote était confrontée à un doute, mardi matin. «Tout allait normalement, elle était vraiment positive. Je suis sûre qu'elle va être correcte, j'ai confiance en elle et ça ne l'affectera pas pour le slalom. Elle est forte. Marie-Michèle, c'est comme le feu. Elle va se dire "ça va faire", pis elle, quand elle dit "ça va faire", watch out