Aux yeux de la représentante du ministère public, l'hypnologue a livré un témoignage absolument incohérent et invraisemblable.

Les dés sont jetés pour l'hypnologue accusé d'agression sexuelle

L'hypnologue de Château-Richer André Hébert a-t-il agressé sexuellement trois patientes ou ces dernières ont-elles accepté de se laisser toucher par le thérapeute? Le juge Hubert Couture tranchera la question le 30 juin.
Le procès de l'homme de 50 ans, qui a fait carrière comme hypnologue et cartomancien - entre autres - durant 14 ans, s'est conclu mardi par les plaidoiries des deux parties.
André Hébert, qui s'est déclaré hypnologue après une fin de semaine de formation, est accusé d'agression sexuelle sur trois patientes, entre 2003 et 2009. On lui reproche, dans deux cas, d'avoir massé les seins de deux jeunes femmes, et dans un troisième, d'avoir forcé une cliente à le masturber en plus de lui avoir fait divers attouchements.
Le débat en est un essentiellement de crédibilité, a lancé d'emblée l'avocat de Hébert, Me Jean Petit. Qui, des trois plaignantes ou de l'accusé, a livré le témoignage le plus cohérent et vraisemblable? demande Me Petit.
Relations consentantes
Selon l'avocat de la défense, son client, un homme doux et chaleureux, a cru, à tort, que les deux premières plaignantes avaient consenti à se faire masser les seins.
Avec la troisième plaignante, il s'agissait d'une relation consensuelle où l'homme et la femme se sont longuement embrassés avant de se masturber mutuellement, selon la défense. Pour la procureure de la Couronne, Me Nathalie Leroux, l'accusé André Hébert a profité de la vulnérabilité de femmes qui l'avaient contacté parce qu'elles avaient besoin d'aide.
Aux yeux de la représentante du ministère public, l'hypnologue a livré un témoignage absolument incohérent et invraisemblable.
«Lorsqu'on s'invente une histoire, c'est sûr que c'est difficile de répondre à des questions et de sortir de son histoire», a fait remarquer Me Leroux.
Interrogé tant par son avocat que par la procureure de la Couronne, André Hébert nie avoir pris toute initiative sexuelle avec ses clientes. «Je suis accompagnateur», répète-t-il.
Il est arrivé «plusieurs fois», dit Hébert, que lors des techniques de relaxation, les clientes lui prennent la main et la posent sur leurs seins ou leurs parties génitales. «Je la laisse faire, c'est elle qui décide, résume le pseudothérapeute. Ma règle, c'est de satisfaire ma clientèle pour qu'elle se sente mieux.»
Celui qui n'a aucune formation de massothérapeute a expliqué avoir fait des massages reiki et des massages d'accupression à ses patientes. Lors d'un de ces massages, il dépose sa main sur le plexus solaire et masse le tour des seins. Il pince ensuite légèrement le mamelon tout en prenant la main de la cliente.
Si la patiente manifeste un inconfort, il arrête, a précisé l'hypnologue.