Le parc de la chute Montmorency avec son agora naturelle capable d'accueillir au moins 20 000 personnes avait tout ce qu'il nous fallait, raconte Marcel Dallaire.

Les débuts à la chute Montmorency, il y a 23 ans

Lorsqu'il se remémore les belles années des compétitions internationales des Grands Feux Loto-Québec dans le parc de la chute Montmorency, Marcel Dallaire cite la lettre d'une lectrice publiée dans le soleil sous le titre «Pour un instant d'éternité» pour parler des moments de bonheur provoqué par les spectacles pyromusicaux.
Marcel Dallaire lors du devoilement de la programmation des 15 ans des Grands Feux Loto-Quebec.
Il se souvient de la camaraderie avec les différentes équipes passées par Québec, de la complicité développée avec les compétiteurs et les artificiers et des moments merveilleux qu'il observait dans les yeux du public.
«Pendant 25 minutes, les gens oubliaient tous leurs tracas, les yeux rivés au ciel», pour tout absorber des éclats de lumières projetés dans les airs au rythme de la musique. «Les gens parlaient des peintres du ciel alors que l'on percevait l'effet «Wow» dans la foule», raconte-t-il.
Entre 1992 et 1995, alors qu'il avait le choix de retourner à Montréal, Marcel Dallaire a fait le choix de demeurer à Québec à cause de la famille. C'est à cette période que lui vient l'éclair d'organiser des feux d'artifice qui le mèneront à la création de la compétition internationale.
Le maire de l'époque, Jean-Paul L'Allier, lui parle de décentraliser des événements à grand déploiement, connaissant M. Dallaire pour son implication dans le Festival d'été de Québec dont il avait dirigé l'organisation. Il fera le tour des sites potentiels après s'être associé à Frank Furtado : le campus de l'Université Laval, à cause du site assez central et le potentiel de stationnement, le parc des chutes de la rivière Chaudière, la base de plein air de Sainte-Foy avec son lac et le parc de la chute Montmorency.
«Il nous fallait un plan d'eau, précise-t-il. Le parc de la chute Montmorency avec son agora naturelle capable d'accueillir au moins 20 000 personnes avait tout ce qu'il nous fallait. On pouvait avoir des rampes de lancement à divers niveaux.» Le site idéal accueillera les feux d'artifice jusqu'en 2012.
C'est Frank Furtado qui amènera l'idée des feux pyromusicaux, car il avait vu ce qui se faisait dans les compétitions ailleurs dans le monde.Et c'est lui qui avait initié ceux de la Ronde quelques années plus tôt comme ceux de Toronto et de Vancouver. «Frank Furtado était la référence au pays», ajoute M. Dallaire. Il y avait déjà trois compétitions internationales au Canada. Québec fera partie du circuit en 1995 et Gatineau s'ajoutera peu de temps après.
En 1995, il y aura cinq prestations. Puis six soirées en1996 avec la grande finale présentant les meilleurs moments de la compétition. La moyenne des assistances était de 20 000 personnes alors que le soir de la finale était le plus achalandé.
Dès la première année, se souvient l'homme d'affaires, l'aventure a failli tourner en eau de vaisselle. Les gens utilisaient les navettes de transport en commun pour se rendre sur le site, mais au lieu de payer le droit d'entrée, les gens filaient le long de l'autoroute et sur les bretelles d'accès. Deux passagers sur trois filaient à l'anglaise. «Il fallait réagir. Nous perdions de l'argent, mais c'était aussi très dangereux pour les gens avec toute la circulation sur le boulevard Sainte-Anne.», précise-t-il. Les services policiers entrent dans la parade en interdisant le stationnement et la présence des gens le long de la route et sur les terre-pleins.
En 1996, autre coup dur. Les pluies diluviennes ayant provoqué les inondations au Saguenay font gonfler la rivière Montmorency, le débit de la chute passe de 20 mètres cubes à la seconde à 540 mètres cubes à la seconde quelques jours avant la première prestation, celle de l'équipe de l'Italie. Quelque 3000 places du parterre de 10 000 disparaissent dans les flots. L'équipe doit démonter tous les mortiers des rampes de lancement. Le spectacle des Italiens doit être reporté et le groupe passera en dernier.
Jusqu'en 2010, la fête roulera sans trop de problèmes.
Le mauvais temps
En 2009-2010, un nouveau quartier prend vie à Boischatel, près de la chute. Les résidants du secteur se plaignent des débris qu'il retrouve dans leur cours, dans la piscine, sur le mobilier extérieur et les automobiles. Les vents dominants du sud-ouest poussaient les débris au mauvais endroit.
Marcel Dallaire forme une équipe pour faire le nettoyage le lendemain des présentations. Il se demande s'il ne devrait pas changer de lieu pour la compétition. Une idée lui passe par la tête : le fleuve. Oui sur le fleuve, car il a tenté l'expérience avec une grosse prestation en 2008 pour le 400e anniversaire de Québec avec des feux sur cinq barges, trois au milieu du fleuve et une près des berges à Lévis et à la Pointe-à-Carcy. 
En même temps, les deux années précédentes avaient été mauvaises à cause du mauvais temps, la pluie et les orages avaient fait baisser les assistances. Le mauvais temps et la baisse de l'acceptation sociale à Boischatel auront raison de l'événement.
Marcel Dallaire est nommé au Grand-Théâtre en 2010. Jacques Dupuis prend la relève et les déboires se poursuivent. Avec un déficit accumulé de 450 000 $, les Grands Feux Loto-Québec se sont placés en septembre 2011 sous la protection de la Loi sur la faillite et l'insolvabilité.
Les chiffres
Le budget d'exploitation des premières années était aux environs de 1,9 million $ et de près de 3 millions lorsque l'événement a pris sa vitesse de croisière. Les commandites comptaient pour 50 % du budget, les subventions 5 % et l'exploitation de l'événement 45 %.
Une analyse économique en 2004 démontrait que 83 % des participants étaient du Québec, avec une portion de 75 % de la région Québec Chaudière-Appalaches, le 17 % restant était composé de touristes hors Québec et hors Canada.
Les retombées régionales pour 2004 s'élevaient à 11 millions $ avec la création de 189 emplois directs.