Le programme comprend les cinq films de fiction et les cinq films d'animation en compétition aux Oscars.

Les courts métrages aux Oscars 2014: un riche panorama ****

On ne peut que saluer l'initiative du Cinéma Cartier de présenter de nouveau la compilation des courts métrages qui seront en compétition lors de la 86e soirée des Oscars, le 2 mars. Le programme comprend les cinq films de fiction et les cinq films d'animation. Il y en a pour tous les goûts. Mais c'est aussi une occasion d'avoir un panorama (très restreint) du meilleur de ce genre qui manque cruellement de diffusion en salle.
Je serais bien embêté de trouver un point commun aux courts de fiction si ce n'est que les personnages traversent une crise, certaines plus existentielles que d'autres. Deux m'ont particulièrement interpellé, mais pour des raisons très différentes.
Aquel No Era Yo, de l'Espagnol Esteban Crespo, est proche parent de Rebelle de Kim Nguyen, mais du point de vue d'une travailleuse humanitaire kidnappée par des enfants-soldats. Le film est d'une franche brutalité et témoigne de ces horreurs dont on préfère détourner le regard : endoctrinement, assassinat, viol... C'est un brin exagéré, mais la finale en forme de pardon et de rédemption est bouleversante.
Tout aussi touchant, mais à l'inverse du spectre, on retrouve Helium, d'Anders Walter. Le Danois raconte les tentatives d'un préposé d'hôpital de distraire un enfant de sa mort prochaine en lui racontant son voyage vers un monde imaginaire. Ce court fantaisiste et profondément humain est agrémenté de magnifiques séquences oniriques qui évoquent l'univers du regretté bédéiste Fred. Mon préféré.
Aussi fantaisiste, mais dans un autre registre, The Voorman Problem (Mark Gill) évoque les angoisses d'un psychiatre qui doit traiter un prisonnier qui se prend pour un dieu. Un court typique de l'humour pince-sans-rire britannique. À l'inverse, le sympathique Do I Have to Take Care of Everything, de la Finlandaise Selma Vilhunen, s'attache à une famille bordélique qui tente d'arriver à temps à un mariage.
Quant au conventionnel Avant que de tout perdre, du Français Xavier Legrand, il n'a pas la force des autres avec un sujet pourtant percutant : la fuite d'une femme battue avec ses enfants.
Propositions éclatées
Les propositions en animation sont encore plus éclatées. Il y a l'extrême dépouillement de Feral, dont les dessins bruts, pratiquement en noir et blanc, et l'utilisation d'ombres chinoises lui confèrent un aspect expressionniste. Le film de l'Américain Daniel Sousa est un hommage à L'enfant sauvage de Truffaut (1970). À l'inverse, le Possessions du Japonais Shuhei Morita est une splendide orgie de couleurs chatoyantes et de formes. Il suit les tribulations d'un homme qui se réfugie dans une cabane un soir de tempête et qui est hanté par des objets possédés par des esprits.
Le féérique Room on the Broom, des Britanniques Max Lang et Jan Lachauer, utilise des personnages 3D, tout comme l'excentrique Mr Hublot, du Français Laurent Witz. Les deux sont bien faits, mais n'ont pas le pouvoir d'évocation des deux premiers.
Pour ce qui est de l'anecdotique Get a Horse!, de l'Américaine Lauren MacMullan, il utilise des images d'archives de Mickey Mouse dessinées par Walt Disney qu'il amalgame à des images de synthèses en 3D. Malheureusement, il pourrait bien gagner...
Peu importe : vous avez l'opportunité de les voir et de vous faire une tête avant les Oscars.
Au générique
Cote : ****
Titre : Les courts métrages aux Oscars 2014
Genre : fiction et animation
Réalisateurs : variés
Salle : Cinéma Cartier
Classement : général
Durée : 3h07
On aime : la diversité, les voir avant les Oscars
On n'aime pas : deux films plus faibles