Les contemplatifs

Le fleuve
Un lieu? Non, plusieurs. Mais c'est toujours le même. Ces lieux, puisqu'ils sont innombrables, sont collés les uns sur les autres et aussi à des kilomètres de distance. Ces lieux - ce lieu global -, c'est partout d'où l'on peut voir le fleuve, assis à ne rien faire : sur un banc des plaines d'Abraham, près de la tour Martello no 1, assis sur un rocher de la grève à Saint-Jean-de-l'Île-d'Orléans (derrière l'église au toit rouge) ou allongé sur le sable de l'«autre côté», à Saint-Vallier. C'est, aussi, musarder sur la butte du parc du Bastion-de-la-Reine, toujours côté fleuve. L'hiver, ce sont ces mêmes lieux, ceux-là et tellement d'autres, pour simplement regarder les glaces défiler. Jean-Marc Salvet
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La traversée Québec-Lévis
La traversée Québec-Lévis
En temps normal, je m'engouffre dans le trafic vers les ponts, en survolant les nouvelles à la radio. Mais la traversée vers Québec prend une tout autre dimension en bateau. Telle une minicroisière, la traverse Québec-Lévis est source d'émerveillement pour les enfants, qui observent le travail des marins et se hissent sur le bout des pieds pour voir les vagues. Les cyclistes habituels se reconnaissent, les piétons sortent un livre de leur sac, les automobilistes en profitent pour se maquiller ou relaxer. Le temps semble suspendu. Patricia Cloutier
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Le nombre de photographies de Québec et de son emblématique Château Frontenac prises du traversier doit être assez impressionnant. Sans être touriste, sans vouloir prendre un selfie avec le cap Diamant en arrière-plan, «prendre le bateau» demeure un plaisir. C'est joindre l'utile à l'agréable. C'est fuir la congestion routière. C'est le lien antistress, la zone de décompression. Ce sont 15 minutes de lecture, de discussion entre passagers ou de contemplation du Saint-Laurent et ses rives. Brigitte Breton
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L'anse Ross à Saint-Nicolas
L'anse Ross
L'anse Ross est un trésor auquel il est possible d'accéder par deux chemins : un facile, l'autre caché. Devinez lequel il faut prendre? Au lieu du chemin du Quai, qui nous fait voir l'anse sans en profiter, prenez donc la rue des Pionniers qui mène au vieux village de Saint-Nicolas, puis celle du Moulin-Ross. Filez jusqu'au bout. Après la courbe et la descente, vous pourrez garer vélo ou voiture et descendre sur la grève à marée basse. La vue sur les ponts étant masquée, vous oublierez vite que vous êtes à deux pas de Québec. Annie Morin
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La chute Montmorency
La chute Montmorency
Il y a des merveilles de Québec qu'on a l'impression de ne plus voir. Au sommet de la liste, le parc de la Chute-Montmorency. Rester de longues minutes à regarder et écouter ces milliers de litres d'eau chaque seconde déferler sous nos pieds en traversant le pont suspendu. La chute Montmorency aussi pour ses touristes de partout en été : une famille chinoise adepte d'égoportraits, un couple d'Italiens qui s'embrasse au sommet des 487 marches de l'imposant esca­lier. Les vaillants sportifs aussi, qui montent et descendent ledit escalier pendant que moi, désolée, je préfère regarder la chute! Valérie Gaudreau
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Le pont de Québec
Le pont de Québec
J'ai toujours aimé l'architecture de ce colosse d'acier. Brut, sans artifice, vrai. Il a du vécu, une histoire. Oui, il a l'air fatigué avec sa rouille, mais n'oubliez pas qu'il est presque centenaire. Beau de loin avec ses courbes et ses lignes droites, mais encore plus de près avec sa texture et ses couleurs. Pour l'apprécier, il faut le traverser en pédalant ou simplement marcher sous sa charpente... Laissez la voiture de côté. Le sentiment d'avoir le fleuve sous ses pieds entouré de cette gigantesque structure, c'est unique. Pascale Chayer
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La rue des Remparts
La rue des Remparts
«Ze spot» pour avoir un coup d'oeil sur le bassin Louise, le port et, au loin, l'île d'Orléans. Dans une autre vie, pour avoir habité quelques années rue Sainte-Famille, l'endroit m'attirait comme un aimant, surtout les beaux soirs de printemps. C'est encore le cas aujourd'hui. Ce qu'il fait bon s'y promener, sans se presser, le nez en l'air. Comme beaucoup d'enfants, mes deux plus vieux ont adoré, à l'époque, grimper sur les vieux canons qu'on y trouve, pointés vers le fleuve. Normand Provencher
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Le parc du Bastion-de-la-Reine
Le parc du Bastion-de-la-Reine
Le lieu lui-même ne paie pas de mine : à peine 400 mètres de long sur 75 dans son plus large, peuplé par des brins de gazon et quelques arbres. Mais c'est tout ce qui entoure le parc du Bastion-de-la-Reine qui vaut le détour. À cause de sa position et de son altitude, il concentre toutes les beautés de Québec en un seul coup d'oeil : la Citadelle s'élève d'un côté, le Vieux-Québec (du moins, la coquette avenue Saint-Denis) de l'autre, le Château Frontenac qui pointe par-dessus, le fleuve qui s'étend au pied de la falaise, avec l'île d'Orléans au milieu, et les Laurentides au loin. Unique. Jean-François Cliche
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La terrasse de l'Aquarium
La terrasse de l'Aquarium
Par une belle journée ou soirée d'été, il n'y a pas de lieu plus agréable que la terrasse du restaurant de l'Aquarium du Québec pour prendre un verre. Avec un panorama superbe sur le fleuve Saint-Laurent, les ponts et la Rive-Sud, la vie semble y suspendre son cours... Éric Moreault
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L'église Saint-Charles-Borromée
L'église Saint-Charles-Borromée
Je partais de Neufchâtel pour aller chez ma blonde, dans Charlesbourg, en passant chaque fois devant l'église Saint-Charles-Borromée, épicentre du Trait-Carré. Malgré le temps qui s'écoule, elle est toujours l'une des plus belles en ville. Le soir, sous les réflecteurs, la vue sur son mur de pierres rend l'attente au feu de circulation un peu moins longue. À ses côtés, la bibliothèque Paul-Aimé-Paiement est un joyau en son genre, plus moderne. Coin 1re Avenue-Louis-XIV, j'ai toujours l'impression de revenir dans le temps, où tout était plus calme. Puis, la lumière passe au vert... Carl Tardif
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Le tracel
Le <em>tracel</em>
Les soirs d'été, le bar laitier sous le tracel, à Cap-Rouge, devenait souvent le rendez-vous des moniteurs du camp de jour Kéno. Couchée dans l'herbe, encore barbouillée de maquillage Caran d'Ache, je contemplais cette grande passerelle vertigineuse, ce trait qui traverse le ciel comme une signature de fer. Je me sentais petite et géante à la fois devant cette route irréelle, au nom inventé, sans équivalent nulle part ailleurs. Josianne Desloges