Les Chemins invisibles 2011: cabaret urbain dans un Royaume de tôle

Un show de cabaret urbain dans une cour à scrap. C'est à une expérience 100 % renouvelée que vous conviera cet été le Cirque du Soleil, pour Le royaume de tôle, le chapitre trois des Chemins invisibles.
Après les deux premières moutures du spectacle gratuit présenté sous les bretelles de l'autoroute Dufferin-Montmorency, le Cirque a voulu «pousser plus loin le thème de l'urbanité. En termes d'urbanité, il n'y a pas un spectacle du Cirque qui est allé aussi loin», a soutenu Joanne Fillion, directrice de création au Cirque du Soleil, en conférence de presse, lundi.
Partant de cette idée, le Cirque a confié les rênes au concepteur et metteur en scène de Québec Olivier Dufour. C'est à lui qu'on doit entre autres Le mur du son, présenté devant l'Assemblée nationale l'été dernier, et Le chemin qui marche, à la baie de Beauport, en 2008. La commande qui lui a été confiée : faire plaisir aux gens. «C'est quand même cool comme commande», a-t-il commenté lundi.
La liberté du Cirque
Le jeune créateur a choisi d'exploiter à fond la liberté que lui donnait le Cirque. Inspiré par l'architecture de l'îlot Fleurie, il a imaginé un homme vivant dans une ville parfaite. Une ville dans laquelle un petit coin, rempli de détritus, a été oublié. L'homme en fera son royaume. «Une cour à scrap, la cour d'un roi» qui sera décorée d'une «dentelle de rebuts», dit Olivier Dufour.
Joint peu à peu par d'autres qui deviendront ses sujets, l'empereur autoproclamé décidera d'organiser chaque soir un cabaret. C'est à cette fête déjantée qu'assisteront les gens à la tombée du jour, du 24 juin au 3 septembre.
Pour créer le décor de cette fable, Olivier Dufour et son équipe se sont servis de conteneurs maritimes, qui formeront des structures dans lesquelles évolueront les personnages. La scène est un tout en soi, les spectateurs feront partie du décor.
Même si l'action ne se passera jamais au même endroit, elle se situera toujours près de la foule, promet-on. Il n'y aura pas d'entrée et de sortie de scène, avise le concepteur, ce qui fait que les changements de costumes s'effectueront devant le public. Des projections vidéo animeront la surface des conteneurs, sur 25 mètres de hauteur.
Le spectacle fera la part belle à la musique et à la danse, indique M. Dufour. Chacun des 38 artistes chantera et dansera, ce qui fait qu'en très grande partie, la musique, où se mêleront l'électro et les rythmes des années 20 et 30, sera jouée en direct. C'est le duo Bob & Bill, à qui on doit aussi les mélodies de Totem, qui a composé la musique. La chanteuse Elsieanne Caplette apportera aussi sa contribution. Pour les costumes, c'est l'art du designer Alexander McQueen qui a alimenté l'inspiration du concepteur.
Le tout pour plaire d'abord aux familles. «Je veux que les gens repartent avec le sourire. J'ai envie de voir des papas danser avec leur petite fille, des grands-mères taper des mains», s'enthousiasme Mme Fillion. Chaque spectateur est d'ailleurs encouragé à porter chapeau à plumes, foulard extravagant ou tout autre accessoire qui met le coeur à la fête.
Le maire satisfait
Pour le maire Régis Labeaume, la collaboration avec le Cirque du Soleil s'avère fructueuse. Les spectacles gratuits du Cirque du Soleil ont contribué au changement de perception qu'ont les gens de Québec, dit-il.
«On sait maintenant qu'à Québec, il y a toujours quelque chose de singulier à faire l'été. Québec est reconnue comme une ville originale et créative.»
À 6 millions $ par année pour cinq ans, le jeu en vaut la chandelle. «Les chiffres de l'Office du tourisme sont bons», confirme-t-il, avec une affluence d'un demi-million de visiteurs par année pour Les chemins invisibles.
Le maire partira d'ailleurs bientôt en tournée au Québec pour faire la promotion du nouveau spectacle.