Les Charbonniers de l'enfer ont fait le bonheur de leurs fans réunis hierau Théâtre Petit Champlain.

Les Charbonniers de l'enfer: un peu des autres, surtout d'eux

Peu de paumes ont résisté aux airs entraînants et a capella de Nouvelles fréquentations (2010), le plus récent album des Charbonniers de l'enfer, en spectacle au Théâtre Petit Champlain hier soir. Tout de noir vêtus, Michel Faubert, Michel Bordeleau, Normand Miron, André Marchand et Jean-Claude Mirandette ont provoqué les rires de la salle dès la première chanson. Normal quand elle parle de... toilettes, mais tout en finesse, sans jamais tomber dans la vulgarité.        
Il faut dire qu'un spectacle des Charbonniers n'a rien de banal. C'est comme se retrouver dans une machine à voyager dans le temps, mais qui fonctionne à sens inverse. Plutôt que de prendre des chansons traditionnelles et de les réarranger au goût du jour, le groupe fait le contraire et le résultat est bluffant, encore plus sur scène que sur leur album!
En fait, le groupe excelle tant dans cette appropriation qu'on pourrait facilement croire que l'original des oeuvres choisies est d'eux. Ils ont d'ailleurs démontré ce talent dès la première note de la chanson Le vent nous portera, de Noir Désir. Rien à voir avec la voix de Bertrand Cantat, mais quelle interprétation sentie et quelle réponse du public! Et ce, malgré toute la polémique entourant la controversée participation de l'ex-chanteur à une pièce de théâtre de Wajdi Mouawad...
Ensuite, après avoir fait allusion au résultat des élections fédérales avec dérision, les têtes grises (ou chauves) ont entonné Terres labourées et Poitiers avec toute la justesse nécessaire. Toutefois, force est d'admettre que malgré les sublimes voix de Miron, de Bordeleau et de Faubert lorsque chacun chante solo, la force des Charbonniers demeure dans le choeur qu'ils forment. Le tout est plus grand que la somme de ses parties et dans ce cas-ci, c'est plus vrai que jamais.
En plus d'anecdotes savoureuses pour introduire ses chansons, le groupe a pris le temps de rendre hommage aux artistes dont il s'inspire. De Plume à Kate McGarrigle, en passant par Chloé Sainte-Marie avec Faire terre, Félix Leclerc avec Patriote et Dédé des Colocs avec Comète.
Enfin, afin de faire plaisir à leurs fans, le groupe n'a pas manqué de reprendre quelques succès de leurs précédents albums, comme Nicolas le valet, de leur premier album Chansons a capella (1996). Le coup de coeur de la soirée? Wagon, leur interprétation de Boxcar, une chanson de Neil Young. Leur c(h)oeur des Charbonniers véhiculait tellement de sentiments et leurs voix sentaient tellement l'Ouest qu'on aurait cru entendre le souffle d'Amérindiens.
«On en prendrait tous les soirs», a entendu Le Soleil pendant l'entracte.
Bonne nouvelle pour ceux qui ne peuvent pas aller les (re)voir en spectacle ce soir. Les Charbonniers seront de retour le 26 novembre au Théâtre Petit Champlain.