Olivier Gingras-Gagnon, Alexandre Lavoie et Mats Desautels (à droite) aimeraient bien imiter Travis Garrits et Kim Lamarre et participer un jour aux Jeux olympiques.

Les Championnats canadiens juniors de ski acrobatique s'amorcent au Relais

Pour la cinquième fois depuis 2003, le Centre de ski Le Relais de Lac-Beauport est l'hôte des Championnats canadiens juniors de ski acrobatique. L'événement, qui s'amorce aujourd'hui avec la présentation de la compétition de slopestyle (10h), réunit 177 athlètes originaires de sept provinces et d'un territoire. De ce nombre, 59 sont du Québec.
«De nombreux champions canadiens couronnés au Relais se sont ensuite taillé un chemin jusqu'aux Jeux olympiques», a indiqué Nicolas Fontaine, responsable du recrutement à l'Association canadienne de ski acrobatique. «Parmi ceux-ci, on note Vincent Marquis (16-18 ans) et Alex Bilodeau (14-15 ans) en 2003, Chloé Dufour-Lapointe (13 ans et moins), Maxime Dufour-Lapointe (14-15 ans) et Marc-Antoine Gagnon (13 ans et moins) en 2005, Justine Dufour-Lapointe (13 ans et moins) et Mikaël Kingsbury (14-15 ans) en 2008.»
Présentés jusqu'à dimanche, journée où seront tenus les nationaux juniors (10h) et seniors (12h30) en sauts, les Championnats canadiens juniors seront le théâtre de compétitions dans cinq disciplines, soit le slopestyle, le big air, les bosses, les bosses en parallèle et les sauts. Et pour la première fois depuis plusieurs années, les participants pourront tenter de mettre la main sur le titre du combiné bosses et sauts.
«Dans le temps, c'était comme ça, a mentionné Fontaine. Moi, je faisais le combiné bosses-sauts, Jean-Luc Brassard le faisait, etc. Et Alexandre Bilodeau et Mikaël Kingsbury ont pris part à des championnats canadiens en sauts jusque chez les seniors. Les jeunes ne savent pas ça. Et on a perdu ça au cours des années. Pourtant, les sauts, c'est la base du ski acrobatique. Mais les jeunes délaissent tranquillement les sauts à cause de la popularité de disciplines comme le slopestyle et les bosses. Et les sauts qu'ils doivent réaliser dans ces disciplines, ils les pratiquent dans les pistes de slopestyle ou dans celles des bosses.
«On a donc besoin que les jeunes de bosses fassent beaucoup plus de sauts parce que l'on veut que la prochaine génération de skieurs acrobatiques soit aussi bonne sinon meilleure qu'Alexandre Bilodeau et Mikaël Kingsbury.»
Fontaine a indiqué qu'un jeune qui prendra part au championnat pourrait gagner quatre médailles, soit en bosses en simple, en bosses en parallèle, en sauts et en combiné. Et comme certains skieurs acrobatiques font aussi du slopestyle et du big air, ils pourraient retourner chez eux avec six titres nationaux. 
Desautels favori
Sacré champion en sauts au cours des deux dernières années, Mats Desautels sera l'un des favoris pour décrocher les grands honneurs de la spécialité. Mais même s'il aimerait bien mettre la main sur une troisième victoire consécutive, le jeune athlète, qui joue aussi au football pour l'Arsenal de l'Académie Saint-Louis, a expliqué que ce n'était pas son premier objectif.
«Mon but, c'est de performer le mieux possible et de skier comme je suis capable de le faire», a mentionné Desautels, qui excelle aussi en bosses. À preuve, il a fait un top 10 lors des nationaux disputés à Apex Mountain en 2013. «Et si je fais ça, je vais avoir des chances de gagner.»
Comme les championnats canadiens de sauts avaient été présentés au Relais en 2013 et en 2012, c'est de nouveau devant les siens que Desautels aura la chance de s'exécuter en fin de semaine. Une situation qui n'a que des avantages pour lui.
«Compétitionner chez moi, ça me permet d'avoir plus de support. J'aime ça quand les gens viennent me voir skier. Et j'aime la pression. Je performe bien quand il y en a. Et même si ça n'a jamais été difficile pour moi de m'adapter aux sauts, j'aime ça changer de parcours, je suis très à l'aise au Relais. Ça fait deux semaines que je m'entraîne ici. J'ai tous mes repères. Ça devrait m'avantager.»
La nouvelle vie de vedette de Kim Lamarre
Il fut une époque où Kim Lamarre pouvait passer incognito presque partout. Cette époque est cependant révolue. Sa conquête de la médaille de bronze lors de l'épreuve de slopestyle aux Jeux de Sotchi l'a propulsée au rang de vedette. «À date, j'ai beaucoup de plaisir là-dedans, a expliqué la jeune skieuse. C'est intéressant de voir qu'il y a une certaine attention autour de ma médaille et ça me fait plaisir de pouvoir parler du slopestyle, un sport qui n'est pas encore super connu. J'apprécie beaucoup les opportunités qui se présentent à moi et je ne dis pas non parce que je ne sais pas si la chance de revivre quelque chose comme ça va revenir.» 
Kim, qui est devenue la coqueluche de bien des jeunes skieurs, a mentionné qu'il était un peu irréel pour elle de se retrouver dans cette situation. Elle a expliqué qu'il n'y a pas si longtemps, c'est elle qui était émerveillée quand elle avait la chance de rencontrer ses idoles de slopestyle. «Ces moments-là étaient importants pour moi. C'est pour cette raison que je prends beaucoup de mon temps pour aller parler aux jeunes et, j'espère, les inspirer. Je dirais cependant que l'excitation autour de la médaille demeure toujours la même. Pour les jeunes, c'est une découverte, alors que pour les plus vieux, c'est un moment spécial. Rares sont ceux qui ont touché une médaille. Les réactions sont toujours très plaisantes.»