«Une dette, ce n'est pas toujours négatif. On peut s'enrichir avec des dettes, à cause de l'effet de levier dans l'immobilier, entre autres», soutient Éric Brassard, CPA, CA et conseiller en placements chez Brassard Goulet Yargeau

Les bonnes et les mauvaises dettes

Il y a des dettes rentables et d'autres qui sont nuisibles. Il faut améliorer la qualité de la dette avant de la diminuer. Mettre sur l'hypothèque à 2 % des dettes à 6 %, c'est un meilleur choix que de rembourser cette hypothèque rapidement. Il faut consommer de manière intelligente, soutient Éric Brassard, CPA, CA et conseiller en placements chez Brassard Goulet Yargeau.
Selon son expérience, il faut distinguer les bonnes dettes des mauvaises. Une bonne dette comporte un faible taux d'intérêt. Idéalement, elle aurait une déduction fiscale. Et les contraintes financières ne sont, dans de tels cas, pas élevées. 
«Cela veut dire qu'à la fin du mois, ce ne sera pas la fin du monde, car ces personnes n'auront pas d'inquiétude à savoir s'ils vont pouvoir manger. Lorsque le taux d'intérêt est bas, que les paiements se placent bien dans la structure financière et que les mensualités n'égorgent pas, ce n'est pas grave d'avoir des dettes», continue-t-il.
Au contraire, avance-t-il, ça peut même être bon d'avoir des dettes. «Une dette, ce n'est pas toujours négatif. On peut s'enrichir avec des dettes, à cause de l'effet de levier dans l'immobilier, entre autres.»
Ce qui est plus grave, avec les mauvaises dettes, ce sera qu'elles mènent à payer un taux d'intérêt élevé. Ou encore à un stress familial. Et c'est ce qui se passe s'il n'y a pas eu une bonne gestion des risques et la présence d'un coussin, que ce soit pour les cas de maladie, de perte d'emploi ou de séparation.
Éric Brassard donne un exemple en utilisant l'hypothèse de la maison. «Une maison de bonne dimension qui convient à la famille, c'est une bonne dette avec un bas taux d'intérêt. Souvent, les jeunes ont tendance à acheter une résidence trop grosse, au-dessus de leurs moyens, qu'ils devront meubler en conséquence. Ils s'égorgent. Alors, cela devient une mauvaise dette.»
L'achat d'une auto sera un bon choix si le financement comporte un véritable 1 % d'intérêt, si le consommateur achète un véhicule selon ses besoins. «Le financement n'est pas le premier critère; le premier, c'est le coût de l'auto. Il y a une énorme différence entre une auto de 40 000 $ et une autre de 25 000 $, peu importe le financement. Ce qui coûte le plus cher, c'est la dépréciation. Il faut acheter selon ses besoins. Il faut éviter de raisonner en termes de mensualité, mais penser en termes de valeur de dépréciation.»
Le conseiller note une grande différence entre le vrai taux à 1 % et le faux. Cela se constate lorsque le paiement comptant fait baisser la facture de quelques milliers de dollars. Cela est aussi valable avec les meubles lorsque le financement est un vrai 0 % ou 1 % d'intérêt. 
«Ce n'est pas vraiment un problème d'avoir une dette lorsqu'on ne surconsomme pas», indique M. Brassard. «Lorsque le client a le contrôle de ses finances, l'achat avec un taux de financement bas est loin d'être mauvais. Il peut faire fructifier son argent ailleurs. Il faut apprendre à gérer les bonnes et les mauvaises dettes.»
À son avis, il ne faut pas se précipiter pour rembourser une bonne dette, comme l'hypothèque avec un faible taux d'intérêt. «Au lieu de mettre un 1000 $ sur le remboursement de l'hypothèque, il vaudrait mieux investir dans un régime enregistré d'épargne étude, qui vient avec une subvention de 30 %. C'est un cadeau, affirme-t-il. Le 1000 $ vaudra 1300 $, alors que le 1000 $ sur l'hypothèque permet de sauver 25 $ par année seulement. Il faut savoir profiter de la bonne dette pour investir ailleurs. Ce montant bien investi rapportera plus et profitera des rendements pendant 10 ou 15 ans. Lorsque l'enfant ira aux études, c'est lui qui paiera l'impôt, mais comme ses revenus seront plus faibles que ceux des parents, il ne paiera pas grand-chose.»