Sur la scène, c'est tout un monde de possibilités qui s'ouvre ainsi : des points de lumière peuvent désormais être fixés sur les costumes sans risque de les endommager, ou alors sur les comédiens eux-mêmes, procédé mis de l'avant dans le Ring de Wagner, monté au Metropolitan Opera de New York entre 2010 et 2012. 

Les arts de la scène ne sont pas en reste

Le développement des technologies fondées sur la lumière profite notamment au secteur des télécommunications et à la médecine. Mais les arts, ceux de la scène entre autres, ne sont pas en reste.
Un des bénéfices de ces avancées? L'allègement du dispositif technique requis par les spectacles. «À l'époque, on pouvait avoir une quarantaine de lampes qui ont 2000 watts, une douzaine qui en ont 5000, et d'autres appareils de 1000 ou 500 W. Maintenant, c'est du DEL ou des moving light», souligne Étienne Boucher, concepteur d'éclairage et collaborateur d'Ex Machina.
L'efficacité de ces moving light, ou projecteurs asservis, a réduit la puissance nécessaire tout en ménageant un impressionnant gain lumineux pour les spectacles. Quant aux diodes électroluminescentes, chacune d'entre elles alourdit la production de... 3 W. En plus de ne dégager aucune chaleur, ou presque. 
Sur les costumes
Sur la scène, c'est tout un monde de possibilités qui s'ouvre ainsi : des points de lumière peuvent désormais être fixés sur les costumes sans risque de les endommager, ou alors sur les comédiens eux-mêmes, procédé mis de l'avant dans le Ring de Wagner, monté au Metropolitan Opera de New York entre 2010 et 2012. Loge, le dieu du feu, portait alors une diode à la main qui représentait le précieux anneau, dont l'intensité pouvait varier.
Dans la même pièce, le «scénario lumineux» pouvait toutefois se révéler beaucoup plus complexe, poursuit Étienne Boucher, en raison de l'utilisation de la vidéo et de la présence d'une scène mobile. «La vidéo était projetée constamment, et se devait donc de suivre les mouvements du décor.» 
Lors d'un passage où trois personnages, les filles du Rhin, chantaient sous l'eau, la technique était cependant poussée beaucoup plus loin; à ce moment, c'est un dispositif de haute technologie qui a dû être mobilisé. «Avec le son qu'elles émettaient de leur bouche, et avec des caméras infrarouges, on pouvait détecter quand elles chantaient, pour qu'il y ait des bulles qui sortent au même moment.»