Le ton et les attaques dirigées contre Philippe Couillard ont clairement illustré lundi matin combien le chef libéral est la nouvelle cible pour François Legault (photo).

Les années libérales ont donné de la «merde» selon Legault

À trois jours du deuxième débat des chefs, François Legault hausse le ton et passe à l'attaque. Le chef caquiste a livré une charge à fond de train contre les années libérales qui ont donné de la «merde». Il se dit «choqué» et «dépassé» à l'idée que les Québécois puissent vouloir ramener ce parti au pouvoir.
«Je dis aux Québécois : donnez-vous un coup de pied dans le derrière. On est capables de faire mieux que ce que les libéraux et les péquistes nous ont servi pendant 40 ans au Québec», a lancé M. Legault lors d'une conférence de presse particulièrement animée lundi après-midi à Bécancour.
«De voir que les Québécois sont prêts à oublier si vite et remettre au pouvoir les libéraux, ça me choque, ça me dépasse, je ne comprends pas», a poursuivi M. Legault dans un cri du coeur.
Il se dit tanné de voir que les électeurs pourraient céder à la «peur» du référendum entretenue par Philippe Couillard.
«Je fais appel à ceux qui veulent voter libéral parce qu'ils ne veulent pas de référendum. Ce n'est pas nécessaire de vous contenter des libéraux que vous avez déjà essayés?» a-t-il poursuivi en rappelant que son parti ne fera pas de référendum.
Qu'est-ce qui attend le Québec si le Parti libéral du Québec (PLQ) est réélu? «Rien, rien, c'est le statu quo. Un gouvernement du Parti libéral ce sera rien», a tranché M. Legault.
Volée de bois vert aussi à l'endroit du Parti québécois (PQ) de Pauline Marois. «Pour moi, c'est mort, Mme Marois et le PQ», a vilipendé le chef caquiste en révélant que des sondages internes de la Coalition avenir Québec (CAQ) indiquent que 70 % des Québécois ne veulent rien savoir d'un référendum.
Pointes à l'endroit de Jean Charest
M. Legault a aussi lancé des pointes à l'endroit de l'ex-premier ministre libéral Jean Charest qui a annulé un point de presse prévu avec des journalistes en marge d'une conférence sur l'accord économique Canada-Union européenne qu'il donnait à Montréal. «Je pense qu'on peut penser que M. Couillard a demandé à M. Charest de se taire.»
Avant de livrer son cinglant point de presse, François Legault avait donné le ton en matinée à Trois-Rivières.
Les neuf années de régime libéral ont donné «de la merde», a-t-il dit en demandant à Philippe Couillard s'il cautionne ses actuels candidats qui ont «manqué de responsabilité» en votant 11 fois contre une commission d'enquête publique sur la construction entre 2009 et 2011.
«Est-ce qu'il dénonce leur attitude? Est-ce qu'il est d'accord avec ses candidats qui ont refusé une commission d'enquête publique juste pour protéger le PLQ?» a-t-il demandé.
François Legault s'en est aussi pris à l'ex-député libéral sous Jean Charest et actuel candidat dans Portneuf, Michel Matte. Selon le chef caquiste, M. Matte s'est «disqualifié» en admettant lundi que certains députés étaient pour la tenue d'une telle enquête même s'ils se sont levés en chambre pour s'y opposer.
«Il dit : "J'étais pour une commission d'enquête sur la construction, mais je n'ai pas eu le courage de le dire publiquement." Pour moi, c'est échec et mat pour M. Matte», a imagé M. Legault.
Le leader caquiste a aussi ramené les relations d'affaires entre Philippe Couillard et le controversé Dr Arthur Porter, accusé de corruption. Les deux hommes avaient créé une entreprise de consultation qui n'a finalement pas vu le jour. «Quel était son plan d'affaires avec M. Porter qui, aujourd'hui, est en prison?» a demandé M. Legault.