Les accidents de parcours

C'est long, une campagne électorale, mais c'est court quand un parti gaspille de précieuses journées à corriger le tir. Curieusement, c'est le Parti québécois qui a écopé du premier accident de parcours. Pauline Marois a perdu une journée à cause de son refus de prendre des questions mercredi. Comment expliquer une telle erreur? Parce qu'elle avait pris l'habitude depuis déjà un an de limiter ses échanges avec les journalistes, et qu'elle croyait pouvoir continuer.
Petit rappel historique : au lendemain de sa victoire du 4 septembre 2012, Mme Marois avait promis, en réponse à une question, d'abolir immédiatement la taxe santé. Le problème, c'est que pour respecter un tel engagement, il lui a fallu annoncer une hausse d'impôt rétroactive pour 2012. La controverse qui a suivi pendant plusieurs semaines a forcé le gouvernement à battre en retraite.
Cette erreur de départ a mené la première ministre à prendre ses distances des médias et à laisser ses ministres répondre aux questions plus pointues. Fini les points de presse impromptus dans les corridors, Mme Marois ne s'arrêtait que pour lancer des messages en 10 ou 15 secondes. Même ses conférences de presse sur des annonces importantes ont été encadrées, amenant son attachée de presse à réclamer que les questions ne portent que sur le «sujet du jour». Les membres de la presse parlementaire ont grogné un peu, mais ils ont fini par s'y faire. L'erreur de Mme Marois a été de croire qu'elle pourrait dicter le même comportement aux scribes pendant la campagne électorale.
Ce qu'elle n'a pas compris, c'est que pendant cette période, ce sont les chefs qui sont sous la loupe des médias. La grogne des journalistes a pris l'allure d'une mutinerie, jeudi, quand ils ont vu qu'on leur réservait un point de presse de 10 minutes. Le président de la Tribune de la presse, Paul Journet, a interpellé Mme Marois pour la rappeler à son devoir de transparence. La première ministre a fait amende honorable, elle a donné une conférence de presse de plus de 40 minutes, et elle a promis d'être disponible tous les jours. Résultat de cette erreur de départ : elle devra dorénavant se montrer plus disponible qu'elle ne l'aurait été autrement, ce qui accroîtra les risques d'accident de parcours.
COPIER-COLLER AU PLQ
Philippe Couillard a surpris tout le monde par sa combativité mercredi, mais ses faiseurs d'image ont été moins bons jeudi. La promesse de créer 250 000 emplois était un copier-coller tellement fidèle à la promesse de Jean Charest aux élections de 2012 que la télévision a rediffusé l'annonce de M. Charest. On aurait pu croire que le Parti libéral du Québec (PLQ) avait sorti l'ancien chef libéral des boules à mites pour l'occasion. Je ne sais pas qui, au PLQ, avait concocté cette annonce, mais il me semble qu'on aurait pu au moins modifier le chiffre...
L'image la plus incongrue nous est également venue des libéraux. C'est celle du Dr Gaétan Barrette, l'ancien ennemi juré du PLQ, reniant ses allégeances caquistes pour faire copain-copain avec Yves Bolduc et Philippe Couillard. Je comprends que les libéraux voulaient un «trio santé», mais fallait-il piler à ce point sur leur orgueil pour y arriver? Il y a d'autres médecins au Québec, non?
CHARLESBOURG 101
Dominique Payette, que Pauline Marois a parachutée fièrement dans Charlesbourg, mercredi soir, a vécu l'humiliation du saut en parachute, jeudi matin, sur les ondes de CHOI Radio X. Fille de Lise Payette, la candidate a pourtant l'expérience de la radio après avoir fait carrière à Radio-Canada et à l'Université Laval. Mais l'expérience, ça ne donne pas la connaissance du milieu devant des animateurs ratoureux, comme Denis Gravel et Jérôme Landry. Ils l'ont soumis à un quiz : trois questions sur la ville de Charlesbourg, dont l'une sur le nom de Ralph Mercier, le dernier maire de cette ville pendant 17 ans, avant la fusion avec Québec en 2001. M. Mercier est très connu à Québec. Malgré tout... Silence embarrassant de la part de Mme Payette. Elle a également échoué sur les deux autres questions, pour terminer avec un score de zéro sur trois. Le quiz circule depuis sur les réseaux sociaux.