Philippe Couillard a dévoilé l'opinion juridique dans l'espoir de se débarrasser d'une affaire qui colle à sa campagne - et mettre fin aux bruits entourant son association avec le controversé administrateur Arthur Porter accusé de fraude.

L'entreprise avec Porter n'a jamais existé, disent les avocats de Couillard

Poursuivi depuis des jours par ses adversaires sur la question de l'éthique et de l'intégrité, Philippe Couillard a rendu public un avis légal avançant que la firme qu'il a fondée avec le Dr Arthur Porter n'a jamais été opérationnelle.
«Soit il [Philippe Couillard] a déposé des états financiers et on veut les voir. Soit il ne les a pas déposés et c'est illégal», a lancé François Legault vendredi matin.
À son point de presse matinal, à Blainville, au nord de Montréal, M. Couillard a dévoilé l'opinion juridique dans l'espoir de se débarrasser d'une affaire qui colle à sa campagne - et mettre fin aux bruits entourant son association avec le controversé administrateur accusé de fraude.
Pendant que son adversaire caquiste François Legault le sommait de rendre publics les états financiers de Porter, Couillard et associés et l'accusait d'avoir agi illégalement, le libéral a répliqué que les avocats consultés démontrent «que cette entreprise n'a jamais existé».
«Il n'y a pas d'états financiers. Pourquoi? s'est-il demandé. Parce qu'il n'y a jamais eu d'activités dans l'entreprise», a-t-il enchaîné au sujet du document qu'il a commandé, le 25 octobre 2012, au moment où il a pris la décision de briguer la succession de Jean Charest à la tête du Parti libéral du Québec.
Les procureurs de la firme Gowlings signalent que la seule résolution de l'assemblée des actionnaires a été votée pour dissoudre la firme. «Nous en concluons qu'aucune action n'a été émise et que les administrateurs n'ont point adopté d'autres résolutions.»
Philippe Couillard a aussi été obligé de revenir sur le fait qu'il a placé dans un paradis fiscal le salaire qu'il recevait au moment où il s'est expatrié en Arabie Saoudite. Le libéral n'a pas voulu dire clairement s'il savait que l'île Jersey, au large de l'Angleterre, était un paradis du secret bancaire.
Il a simplement indiqué qu'il a agi sur les conseils de ses collègues expatriés. «On trouvait, ma famille et moi, avantageux que ce soit un peu moins accessible pour ne pas piger dedans toutes les semaines pour l'épicerie.»
M. Couillard a été virulent à l'endroit des journalistes de l'émission Enquête de Radio-Canada. «Quand c'est rendu que, pour salir le monde, on retourne 20 ans en arrière et fouille dans les papiers de divorce, je trouve ça franchement pitoyable.»
Illégalité, dit Legault
L'avis légal déposé hier n'a pas satisfait le chef de la Coalition avenir Québec. François Legault persiste : selon lui, il doit bien exister un rapport annuel «qui peut inclure des rapports financiers». «On voit dans l'avis qu'il existe, le rapport annuel 2011. Est-ce qu'on peut l'avoir?»
En matinée, M. Legault a estimé que Philippe Couillard a agi de façon «illégale» s'il n'a pas déposé les états financiers annuels de la firme de consultants. «Soit il a déposé des états financiers, et on veut les voir. Soit il ne les a pas déposés, et c'est illégal», a-t-il lancé.
Au lendemain d'un débat des chefs où il a talonné le chef du Parti libéral sur ses liens d'affaires avec l'ancien directeur du Centre universitaire de santé McGill, François Legault reste aussi insatisfait des réponses fournies sur l'objectif de l'entreprise.
«Il n'a pas incorporé ça pour le fun. Je pense qu'il doit des réponses à la population.» 
Avec Valérie Gaudreau