Ajustable, l'ElliptiGo s'adapte aisément aux sportifs et sportives de différentes tailles. Partiellement pliable pour le transport et d'un poids d'une quarantaine de livres, il est agile et s'utilise partout où les bicyclettes traditionnelles ont leur place.

L'ElliptiGo, l'original de la planète vélo

Avant même de sortir de la maison pour prendre la route sur l'ElliptiGo, la nature de la «bête» m'est apparue clairement. Casque, maillot et gants cyclistes enfilés, j'étais pourtant en short de jogging à lacer mes espadrilles de course... Définitivement, le vélo elliptique est un étonnant croisement des deux disciplines.
Une fois sur la route, les premières sensations ont été assez étranges. Comme si mon cerveau ne savait quoi choisir comme mode de fonctionnement : je cours ou je pédale?
D'ailleurs, au moment de prendre possession de l'ElliptiGo, on m'avait averti. «Tu vas voir, les 10-15 premières secondes, ça fait spécial...» m'avait lancé Marie-Pierre, la conjointe de Steve Cyr, le représentant de la marque californienne, au Québec et dans les Maritimes. Anciens biathloniens de niveau olympique tous les deux, ils sont des adeptes de cet hybride unique, qu'ils aident maintenant à populariser.
Il est tout de même facile d'apprivoiser l'ElliptiGo du moment qu'on a déjà fait du vélo. L'effort est à mi-chemin entre les sports qui ont inspiré la création de l'appareil. Comme à vélo, il est possible de profiter de son erre d'aller pour se reposer. Mais comme à la course à pied, il faut pouvoir tenir sur ses jambes tout au long de la sortie. Bref, de façon générale, l'elliptique est plus exigeant que le vélo, mais l'est moins que le jogging.
À ma toute première balade sur l'ElliptiGo, l'un de mes circuits de jogging près de la maison a été bouclé rapidement. Sauf qu'avec le manque d'habitude sur mon étrange monture, j'étais pratiquement aussi fatigué que si j'avais été à pied!
Quelques sorties plus tard, j'ai pu prendre la réelle mesure de l'ingénieux vélo. Beaucoup plus à l'aise et détendu au guidon, je pouvais produire un effort mieux dosé. Je maîtrisais également davantage les rapports développés par les huit vitesses à ma disposition. Ce qui était amusant dès le départ l'était encore plus.
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Une chose est sûre, il ne faut pas être timide pour sortir avec l'ElliptiGo. Son design unique qui lui donne des allures de grosse trottinette et la position debout de l'utilisateur derrière le guidon fait tourner les têtes. Ça en devient presque drôle.
Les enfants croisés s'exclament, les adultes montrent du doigt. Il n'y a pas à dire, ça pique la curiosité. Mais on s'habitue vite à autant d'originalité au fur et à mesure qu'on apprécie le plaisir de rouler en elliptique. Et une bonne chose de toute cette attention est que, dans la rue, les automobilistes ne nous ignorent pas! En ce sens, le sentiment de sécurité est plus grand que sur un vélo traditionnel.
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Un collègue sportif croisé pendant l'essai de l'ElliptiGo la semaine dernière a bien résumé l'interrogation qu'ont plusieurs envers le vélo elliptique. «Au fond, ça sert à quoi?» Car alors qu'il est déjà possible de courir ou de faire du vélo, pourquoi acheter pareil jouet?
À l'instar des appareils elliptiques que l'on retrouve dans les centres d'entraînement, l'ElliptiGo est sans impact pour le corps. Ou sinon très peu, si l'on insiste pour tenir compte des chocs de la route. Ce qui fait que pour un coureur qui désire donner un répit à ses articulations, ou tout simplement qui est en quête de changement, l'appareil est une bénédiction.
C'est d'ailleurs ce qui a poussé en 2005 l'un des cofondateurs de l'entreprise, Bryan Pate, à chercher une solution pour demeurer actif malgré des ennuis à une hanche et à un genou. Inconfortable sur une selle de vélo et trouvant que la durée nécessaire des sorties cyclistes pour un bon entraînement était trop longue, il s'est alors tourné vers l'elliptique. Sauf qu'il a rapidement eu envie de quitter le gym. Il fallait trouver un moyen d'amener le concept sur la route, au grand air. L'idée de l'ElliptiGo était née!
Depuis, l'activité a grandi pour devenir un sport à part entière. En particulier aux États-Unis, où des compétitions sont organisées. Le nombre d'athlètes d'endurance de renom qui s'intéressent à la discipline ne cesse apparemment d'augmenter.
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Vélo d'exception, l'ElliptiGo demeure encore une monture assez chère. Trois modèles existent pour répondre aux différents besoins des sportifs, allant de la simple balade (3C, 1800 $) jusqu'à la course (11R, 3700 $). Modèle intermédiaire le plus polyvalent, le 8C (2600 $) correspond à celui essayé.
Fait à noter, la qualité des pièces et de la fabrication est excellente. Un détail rassurant quand on
fait de grisantes pointes à 36-38 km/h - essentiellement la limite du modèle à huit vitesses -, debout à flotter littéralement au-dessus de l'asphalte!
À Québec, Steve Cyr indique que c'est au Sports Experts du PEPS de l'Université Laval qu'il est possible de planifier un essai ou encore d'acheter l'ElliptiGo. À Montréal, c'est la Boutique Courir qui est dépositaire officiel de la marque.
L'Europe à vélo elliptique
Actuellement, les aventuriers anglais Dave Cornthwaite et Squash Falconer parcourent l'Europe de l'Ouest à vélo elliptique (thegotrek.com). Une manière originale de voyager entre l'Angleterre et la France afin d'amasser des fonds pour la prévention du cancer du sein. Au total, jusqu'au
6 juillet, plus de 4800 km seront parcourus en passant par les Pays-Bas, l'Allemagne et la Suisse. Dans un échange avec Le Soleil, Cornthwaite a souligné la curiosité qu'avaient les gens pour les ElliptiGo que le duo utilise. «Les gens aiment ça! C'est sûr qu'on ne passe pas inaperçu.»
En comparaison à un vélo traditionnel, Cornthwaite évalue que l'effort à déployer est environ 30 % plus grand. Sur son blogue, il fait remarquer que son estimation ne tient pas compte du relief - comme les Alpes qu'ils traverseront! - et des petites remorques que sa partenaire et lui tirent derrière leur ElliptiGo. Un effort physique amorcé fin avril qui semble cependant plaire à celle qui a déjà atteint le sommet de l'Everest en 2011. Les jambes, mais aussi le dos, les abdos et les bras ont joliment gagné en force.
«C'est un entraînement complet», apprécie Falconer.