Jean-Philippe Le Guellec a été frappé par la malchance lors de la poursuite, lundi, au Centre Laura de biathlon.

Le Guellec chute, casse un ski et glisse jusqu'à la 25e place

«N'importe quoi», voilà comment Jean-Philippe Le Guellec a résumé la course qu'il venait de terminer au 25e rang. Installé en tête au début du troisième tour, le biathlète de Val-Bélair a été frappé par la malédiction de la poursuite, lundi, au Centre Laura de biathlon.
Parfait après deux passages au champ de tir, Le Guellec avait réussi à prendre les devants jusqu'à ce qu'il ne glisse sur une plaque de glace dans un virage en épingle à la base d'une descente. Il s'est retrouvé étendu de tout son long, perdant à la fois sa première place et son rythme.
«Je me suis relevé pour contre-attaquer afin de rester près du groupe de tête, mais je me suis planté à nouveau dans le virage suivant parce que la base de mon ski était décollée au point où je pouvais le faire parler... En fait, je me suis rendu compte que la spatule était cassée», racontait-il, un seul ski à la main.
Il a donc dû attendre quelques secondes avant qu'un bon samaritain ukrainien ne lui en prête un pour compléter l'épreuve, car aucun entraîneur canadien ne se trouvait dans les parages. Un train de 15 personnes a alors eu le temps de passer à ses côtés.
«Je ne me suis pas laissé emporter par l'excitation d'être en tête, absolument pas. L'objectif était de rester en position d'attaque pour le podium jusqu'au dernier tour. J'imagine que les gars ont dû déraper à cet endroit dans les premiers tours parce qu'il y avait un effet accordéon sur la neige. En arrivant dans le virage, j'ai tenté de couper vers l'intérieur, mais je me suis fait surprendre par la glace qui m'a envoyé voler et je me suis planté», racontait-il pendant qu'un adversaire européen l'invitait à un entraînement de descente.
Bien que frustrante, Le Guellec préférait prendre la situation avec humour. Il se disait plus frustré que démoralisé par les tournures des événements. Avec le sort de son bord, il aurait peut-être grimpé sur le podium occupé par les Français Martin Fourcade (or) et Jean-Guillaume Béatrix (bronze) ainsi que le Tchèque Ondrej Moravec. Les Canadiens Nathan Smith et Brendan Green ont terminé 11e et 35e.
«Je trouve ça extrêmement frustrant. Ça été une super demi-course, j'ai pu goûter à l'ouverture des pistes en étant premier. J'avais un bon rythme, ça allait bien, mais après tout a ch... royalement», constatait celui qui s'est aussi retrouvé avec de la neige dans sa mire, ce qui explique qu'il a raté deux cibles à son troisième passage.
«La malédiction de la poursuite se poursuit. À Vancouver, j'avais eu deux boucles de pénalité parce qu'on m'avait fait partir des blocs trop tôt. Là, au moins, je suis parti à temps... Mais il fallait bien que je brise un ski avant de prendre ma retraite, c'est une première!»
En fait, ce n'est pas juste un ski qui s'est brisé, lundi, mais plutôt deux. Ironiquement, un technicien en avait cassé un autre en testant la piste plus tôt dans la journée. L'équipe devra maintenant redoubler d'ardeur pour trouver les bonnes planches en prévision du 20 km, jeudi.